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A nos actes manqués, scène 3

Publié le par Dominique Lévêque

Certains imaginaient jadis que chacun dans une liste aux élections municipales apportait son pourcentage d'électeurs, ce qui permettait de projeter une victoire par le miracle de l'addition. Enfantin mais aussi infantile!

Sur ces bases, l'Union de la Gauche 2014 à Châtellerault n'aura de cesse que de promouvoir le rassemblement de tous les fils d'Edith, regroupant ainsi les luttes fratricides et les plaies ouvertes, les anciennes gloires locales et ceux qui ont été battus dans le passé. Goldman chantait "J'ai fait la liste de ce qu'on ne sera plus...".

Bref, les challengers orientent leur liste vers l'analyse complaisante du passé, et non vers un futur pour la ville. Le trait de génie des artisans du rassemblement tourne à la politique de grand papa: on dose scientifiquement les étiquettes, on fait tinter les titres, on trouve une petite niche aux égos, on fait taire les grandes gueules, on joue les compromis (sans jeu de mots), on se range finalement derrière l'intérêt suprême du parti et de son bras armé. C'est sévère, mais le résultat ne se fait pas attendre: "avec celui-là sur la liste, je ne voterai pas pour eux, c'est sûr!"

En face, le maire sortant joue habilement la montre. S'il écoute les rumeurs assourdissantes, il comprend que la présence de sa fille ferait craindre un passage en force dans le mandat. Il entend aussi que sa première adjointe agace. Finalement, il lève le voile sur une nouvelle liste sans saveur dans une époque qui n'a plus le gout à la politique. Le Maire le regrette publiquement juste après l'élection, sa fille n'est pas dans l'équipe. Sa première adjointe se fait discrète pendant la campagne, et elle change de portefeuille. Bref, c'est la surprise du chef qui coupe l'herbe sous le pied de ses détracteurs, retournant même la botte contre la députée adversaire. Plus globalement, cette liste consensuelle renouvelle sans révolutionner. Elle remplace les ingérables, soigne le départ de ceux qui aspirent à la liberté et maintient les témoins actifs du bilan.

Episode 3: la constitution de la liste: encore -1 ici, encore +1 là. Ah, mon inaccessible étoile!

A nos actes manqués, scène 3
A nos actes manqués, scène 3

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A nos actes manqués, scène 2

Publié le par Dominique Lévêque

Municipales 2014 à Châtellerault: la stratégie de la campagne accentue l'écart. La polémique infructueuse sur la dette de la ville est une erreur qui coute cher à l'opposition.

Dans cette histoire, il y a d'abord l'erreur de la méthode. Comme si c'était héréditaire chez les socialistes locaux, on se laisse éblouir par le ronflement des titres. Hier, le maire battu en 2008 investissait avec une confiance débordante dans un ex-collaborateur du député François Hollande. Les trois montreront d'ailleurs plus tard la limite de leurs œuvres. Aujourd'hui, le fidèle ami devenu leader se laisse inspirer par une fonction de conseiller national en comptabilité publique. Et c'est bizarrement la tête de liste qui monte au créneau aveuglement.

Il y a aussi l'erreur sur le fond d'une dette qui serait insupportable pour la ville. "Si le maire réussit à mener autant de projets, c'est parce qu'il dépense trop et endette ses habitants.". Mauvaise pioche! L'équipe aux manettes ne peine pas à se défendre. La démonstration accable les accusateurs à travers leurs responsabilités précédentes, puis elle valorise les sortants. Piégé, le leader d'opposition choisit l'obstination pour ne pas perdre la face... "next!".

Le thème de l'aménagement de l'ancienne Ecole de Gendarmerie enfonce le clou: il faut bien l'acquérir avant de l'aménager, et donc risquer un endettement accru. Les propositions qui fusent ressemblent plus à un concours de remplissage de cases vides qu'à une véritable aspiration populaire.

Bref, un projet concret alternatif au bilan des sortants fait cruellement défaut. La vision abstraite et incertaine de ce à quoi aurait ressemblé Châtellerault avec une Gauche qui veut reprendre la mairie s'oppose à un bilan.

L'équipe sortante, même pas attaquée sur ses points faibles, ne s'y trompe pas pour exhiber une longue liste de réalisations: Achèvement d'une nouvelle zone industrielle, conservatoire de musique et de danse, plaine d'Ozon, équipements des bus, aménagement de la Manu, spectacles pyrotechniques, nouveau cinéma, office de tourisme, cabinets médicaux, le Théâtre Blossac... Et pour montrer les prolongements vers une nouvelle mandature, à commencer par la Patinoire. Autant de pavés et de pierres qui font mouche sur des intentions. L'écart se creuse.

A nos actes manqués, scène 2

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A nos actes manqués, scène 1

Publié le par Dominique Lévêque

"Il aurait pu être le premier de la génération post-Cresson, il n'aura été que le dernier d'une succession difficile". C'est entendu. Quatre erreurs ici, quatre pièges évités là, le compte est bon: huit points d'écart. Scène 1 des municipales 2014: politiser l'évènement. Ce point largement partagé reste valable une fois les passions atténuées.

En 2014, le contexte national est déjà très défavorable à la Gauche au point d'éviter de s'en revendiquer. Partout en France, on mise sur des femmes et des hommes. Malgré cela, à Châtellerault, l'opposition municipale lance une liste qui clame une "Union de la Gauche". Alors que l'élection municipale est probablement celle qui favorise le plus les spécificités locales et qui permet de s'affranchir des politiques partisanes, le message envoyé est "la Gauche doit regagner cette ville!"

Cerise sur le gâteau, la tête de liste se sent investie d'une mission de brave chevalier assénant une lourde série de "Moi, maire, je serai..." pour mieux coller aux promesses non tenues "Moi, Président, je serai..." du candidat Président Hollande.

En face, imperturbable, ou presque, le maire sortant esquive le piège avec, en substance: "A chaque élection ses enjeux. Il ne s'agit pas de savoir si je soutiens Sarkozy, Bayrou ou Juppé, ni d'arguer que l'UDI et l'UMP ont adoubé ma liste, mais le vrai sujet est de dire ce que mon équipe peut encore apporter à la ville et ses habitants.

Moins 1 ici, plus 1 là. écart: 2.

A nos actes manqués, scène 1

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Jazzellerault mon amour

Publié le par Dominique Lévêque

Jazzellerault, c'est le chouchou de l'animation châtelleraudaise, le rendez-vous classe des gens branchés, la débauche raisonnée des gens rangés, le classique des profanes, la musique sauvage de l'élite... On y vient pour la musique, pour sortir, pour boire un verre, parce qu'on aime que la ville bouge, parce qu'on veut s'y montrer, parce qu'on veut voir qui va là... C'est aussi un cauchemar pour le stationnement en ville, un rêve pour les journalistes qui n'ont pas besoin de recourir à la cuisine politique pour remplir la feuille de chou, une aubaine pour les campagnes électorales, une occasion parfois manquée pour les commerçants du centre ville...

 

Jazzellerault plait, Jazzellerault anime, Châtellerault bouge, et c'est beau. Si beau que çà fait des émules. Des festivals comme s'il en pleuvait.  Et parmi ceux là Availles Blues. Sur le même territoire de l' agglomération que Jazzellerault l'original, Availles Blues se lance sur la volonté d'un homme et sur l'opportunité d'une salle. Les spectateurs sont ravis. L'animation du territoire en est enrichie.

Candide se demanderait pourquoi ne pas avoir réuni les énergies associatives pour mutualiser les moyens, pour renouveler et diversifier le concept et pour pérenniser l'animation culturelle. Car nous sommes dans des temps où la billetterie de Jazzellerault est un peu plus paresseuse que jadis, dans des nuits romanes où la collectivité ne multiplie pas les moyens par miracle, et dans des heures vagabondes où l'offre des alentours est riche (Chinon en jazz, Avoine blues, Cognac Blues Passion...). L'explication de cette dispersion culturelle fratricide n'est sans doute pas cultuelle. Elle n'est sans doute pas non plus dans les égos. Au fait, rien à voir, il circule sur les réseaux sociaux "les humains ne cherchent plus à être utiles, ils cherchent à être importants". 

Publié dans l'air du temps

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Révolution d'apesanteur

Publié le par Dominique Lévêque

Quand les politiques, l'Etat, se mêlent du travail des artistes ou modèrent la philosophie, les ampoules du siècle des lumières clignotent.

On croyait pourtant que la censure des Brassens, Gainsbourg ou Coluche, était surannée.

L'élite se délite. Les analystes s'analgésient. Les penseurs se dispensent.

Bienvenue au siècle des loupiotes.

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De tout coeur

Publié le par Dominique Lévêque

De tout coeur

La République saigne. C'est bien unis derrière le Président de la République Française; François Hollande, que nous devons être solidaires pour condamner de tels actes de barbarie. Cyril Cibert citait le Président pour dire "Nous sommes agressés parce que nous sommes un pays de liberté. Nous punirons les agresseurs". Nicolas Sarkozy, ancien Chef de l'Etat, invite de son côté à "refuser toute tentative d'amalgame" et à soutenir le gouvernement de notre nation endeuillée dans ses actions "pour défendre sans faiblesse" la démocratie et la liberté d'expression.

Le monde entier, par des voix célèbres et des expressions politiques majeures, se presse au chevet de la France souffrante. C'est l'épaule d'une humanité fraternelle qui est tendue au bras chancelant des victimes de l'intolérance et de l'extrémisme. Que cette Humanité là puisse trouver après le deuil la voie de l'harmonie et de la raison sans avoir besoin de la menace, et que, comme des soldats de la liberté, les morts de cet attentat puissent servir la paix.

LIBERTE EGALITE FRATERNITE

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"La découverte ou l'ignorance"

Publié le par Dominique Lévêque

Châtelleraudais d'état civil, je suis nommé chatelleraudais,

J'assume à chaque instant ma situation de châtelleraudais

Mon appartenance à Targé n'est en revanche qu'une qualité facultative que je puis parfaitement renier ou méconnaître...

Je l'ai d'ailleurs fait. J'ai longtemps ignoré que j'étais targéen. Châtelleraudais sans problème, Il me faut donc vivre Targé en surplus.

Ou pour mieux dire en conscience... Si je perds cette conscience, Targé cesse d'être en moi. Si tous les targéens la perdent, Targé cesse absolument d'être...

Targé n'a plus de papiers, Targé n'existe que si à chaque génération des hommes se reconnaissent targéens...

En ce moment, des enfants naissent à Targé... Seront-ils targéens ? Nul ne le sait...

A chacun, l'âge venu, la découverte... ou l'ignorance.

 

D'après La Découverte ou l'ignorance, Tri Yann, 1976, Universal/Polygram,

D'après Comment peut-on être breton?, Morvan Lebesque, 1970.

"La découverte ou l'ignorance"

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Copyright

Publié le par Dominique Lévêque

Ce blog est enfin couronné de succès public! Hourrah! Jugez plutôt: 19 aout, Le Nouvel Observateur, Martine Aubry reprend le thème du Monopoly pour décrire caricaturalement la fusion des régions opérée par le gouvernement.

Le Châtelleraudais, 1er septembre 2014: Véronique Abelin reprend le thème des Trois Petits Cochons, si emblématique de la présente tribune. Elle dresse ainsi une satire du désœuvrement de l'opposition municipale dans sa ligne politique.

Dans le premier cas, çà tombe localement à pic, et çà pique, pour rappeler qu'en 2011, il s'agissait de montrer que la collectivité châtelleraudaise cachait la paupérisation industrielle en achetant les friches. On nous avait promis une vente prochaine à une entreprise. L'actualité installe les Bus TAC, qui à défaut d'avoir satisfait les usagers pour des questions de coûts, préfère investir dans de nouveaux locaux.

Dans le second cas, çà pique encore. Que l'opposition cesse de s'émouvoir, car l'inspiration des belligérants s'essouffle. Que la majorité se rassure, car la citation reconnue cette fois de Saint Exupéry le pose: "le plus dur est de se juger soi-même".

Qui sait les effets d'une bonne source d'inspiration? C'est peut-être le FN de Châtellerault qui reprendra le thème des glands pour décrire ce que lui fait la lâcheté démocratique ambiante en adoptant un nouveau règlement intérieur instituant une longueur de tribune d'expression libre proportionnelle au nombre des élus.

Pas de doute, si ce blog était partisan, il facturerait des droits d'auteur pour être dans la ligne politique libérale du gouvernement.

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Reprenons

Publié le par Dominique Lévêque

Européennes bien sûr, mais municipales aussi ont donné l'occasion aux élus de gauche, même locaux, d'essuyer un revers de démocratie. Ce qui est inédit, c'est que les élus dits "de terrain" sont atteints dans leur représentation, quand ce n'est pas dans leur mandat.

Ce qui aurait pu être ressenti comme le jeu d'une grande injustice et des maux profonds de l'expression populaire est plutôt le signe d'une démocratie aux fonctionnements originels vivaces. Sur deux plans. D'abord un plan moral parce que personne ne peut engager l'avenir de son pays avec de mauvaises entreprises, en toute impunité. Ensuite sur le plan symbolique, parce que "faire campagne" pour un candidat au niveau national, c'est comme dire: "je demande à ceux qui font confiance à mes compétences et à mon action, qui me connaissent, de voter pour ... François Hollande par exemple." ou: "faites moi confiance, ce candidat est le meilleur", ou: "je réponds de ce candidat comme de moi même".

Plutôt rassurant donc! Pas la peine de bidouiller avec des gadgets, comme la démocratie participative, le quinquennat ou des primaires bidon, pour que LA Démocratie fonctionne. Lentement, mais avec puissance. Dans la désillusion collective post-partum, les frondeurs refusent de payer de ce qui leur reste comme mandat pour leur complicité à persister dans le mensonge. Les signataires de la liste des 200 refusent, eux, de lâcher le mandat en cours. Combien reste-t-il de millimètres pour que les écologistes, les radicaux et les socialistes d'ici ou d'ailleurs soient au bout du grand écart? Reprenons... 

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On déplore un tout petit rien, un incident, une bétise

Publié le par Dominique Lévêque

Petit air convenu de surprise générale, un remake un peu trash des municipales. "oh j'ai mal", "hou j'ai peur"...

Pourtant, on aurait pu avoir peur depuis bien longtemps, devant tant de comportements, tant d'indices, tant de manipulations, tant d'informations et de désinformations, de vérités suggérées ou de mensonges digérés.

"Allez, cette fois-ci, c'est juré, on va se remettre en question"

Ce qui fait vraiment peur c'est la capacité des uns et des autres a se remettre suffisamment en question pour inverser la tendance... Faudra-t-il de la véritable souffrance pour que le courage l'audace et l'intégrité reviennent a la mode?

Si demain lundi on assiste à une grosse vague de démissions, à un véritable renouvellement des hommes (et autant de femmes) et des pratiques, à un véritable renouvellement du système et des certitudes, on pourra espérer. Sinon, on fredonnera sur un air de Ray Ventura "Tout va très bien, Madame la Marquise... On déplore un tout petit rien, un incident, une bétise..."

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