Toucher l'intelligence des français

Publié le par Jean-Pierre CHEVENEMENT

che2012 2Un candidat est toujours responsable de son programme, surtout quand il n'en a pas ou peu. En politique, il ne faut jamais régler des comptes. Il y a beaucoup de violence et il faut savoir encaisser. Il faut rester calme et toujours se référer à des valeurs supérieures, à une certaine idée de l'intérêt public. C'est comme ça que j'ai été candidat en 2002 : pour défendre des idées.

 

Je peux défendre encore aujourd’hui les thèmes qui étaient ceux de ma campagne. Pour le reste... Les sondages ne sont pas mon problème. Mon souci est de toucher l'intelligence des Français et des candidats. Je ne suis pas du tout hostile à Jean-Luc Mélenchon. Néanmoins, je ne pense pas qu'il situe sa candidature dans la même perspective que la mienne.

 

Dans la République, on se bat avec des arguments. Quand ils sont bons, ils finissent par triompher. J'aurais pu démissionner beaucoup plus souvent. Je me suis borné à démissionner dans 3 circonstances importantes :

  • le tournant libéral,
  • la guerre du Golfe,
  • la Corse.

 

François Hollande, rendons lui au moins ce mérite, a dit qu'il réviserait le traité européen prévu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel et qu'il y ajouterait des moteurs de croissance. J'écoute ce que dit François Hollande. Je sais qu'entre les mots il y a des vides dans lesquels peuvent se glisser bien des ambiguïtés. En politique on ne peut pas échapper à la dimension du pari. J'ai pensé influencer François Mitterrand, je l'ai d'ailleurs fait pendant 10 ans. J'ai voulu influencer Lionel Jospin et Segolène Royal. Je pourrais vouloir influencer François Hollande, mais je ne sais pas si je le peux. Si je le peux, ce serait mon devoir.

 

Maintien de ma candidature? C'est un tableau d'ensemble qu'il faut regarder. Pour l'instant, je n'ai pas arrêté mon jugement. J'observe. Je suis le candidat pédagogue, le conseiller pédagogique à la fois de la gauche et de la France.

 

 Entretien de Zemmour & Naulleau sur Paris Première, vendredi 27 janvier 2012

Publié dans l'air du temps

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