Prendre de la hauteur

Publié le par Dominique Lévêque

La campagne de l'élection présidentielle dégage déjà un étrange parfum d'âpreté. D'un côté, cette certitude que la gauche va gagner très largement derrière Monsieur François Hollande. D'un autre, cette crainte grandissante qu'il pourrait y avoir des surprises. Sur des notions d'alternance, de déni, d'expression de mécontentement populaire sur fond de crise, la gauche française vend la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Des mains avides et à vide se frottent de l'impopularité d'un homme. "C'est à notre tour..."

 

Attendre les bonnes résolutions de ses adversaires n'apporte rien. S'en remettre à leur échec subjectif pour vaincre ne relève pas de défi ni le niveau des exigences. "La gauche ne doit pas rompre le fil qui la rattache aux valeurs des Lumières: confiance en la raison, volonté de progrès, liberté de la recherche... C'est toute la gauche et la France qu'il faut mettre à la hauteur" lançait Monsieur Jean-Pierre Chevènement, ce vieux sage.

 

Les socialistes misent sur une victoire contre. La gauche ne peut vivre que républicaine, fondée sur ses bases démocratiques, mais aussi responsable, ancrée sur le droit des peuples, et attachée à leurs devoirs.

 

Monsieur Dominique de Villepin le twitte ainsi: "L'argument du 21 avril (ndlr: 2002), à l'endroit ou à l'envers, c'est la rançon de la médiocrité, c'est le manque de courage politique."

 

Partisans de gauche qui ne veulent que battre "la droite de Sarko", partisans de droite qui ne cherchent qu'à éviter "le retour de la gauche", partisans de gauche et de droite qui gravitent hagards au centre, il faut prendre de la hauteur, car tous les chemins mènent vers "l’austérité à perpétuité". Au fait, depuis 10 ans, le monde politique a-t-il compris qu'il fallait s'élever?

   

Publié dans l'air du temps

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