Politiquement correct

Publié le par Dominique Lévêque

 Il ne faudrait pas s'attaquer aux personnes. A l'instar de Monsieur Philippe Rabit, qui, dans ses altercations avec la Présidente de Région, pense avoir "toujours respecté les personnes... amis comme adversaires" et qui est convaincu devoir, dans son idée de la démocratie, "rester au niveau des idées". Et de souhaiter que "Mme Royal ait le même comportement". Il est pourtant de notoriété publique que Monsieur Philippe Rabit lui-même est dans une situation relationnelle plutôt compliquée avec au moins deux personnalités en responsabilité, et ses combats de campagne n'épargnent pas les adversaires sur eux-mêmes. Pour ne le citer qu'en exemple.
 
070217_reflet_de_masque.jpgIl faudrait donc que le pire des empoisonneurs en responsabilité politique ne soit pas remis en cause en tant que personne, mais uniquement sur ses idées. La nuance est subtile. Ou sur son bilan. Le mal peut être alors profond et le temps très long. Les forces politiques peuvent ne se pondérer qu'au gré de l'influence d'une mondialisation administrative.
 
Alors que l'opinion publique française lunche la personnalité du Président, que les programmes sont utilisés par les uns pour prendre la place des autres, il faudrait continuer la langue de bois qui projette vers l'extrême par dépit. Il faudrait attendre que les erreurs d'aiguillage se terminent par des larmes publiques. Il faudrait accepter incompétences, abus de pouvoir jusqu'à coincer un adversaire dans un piège. L'humanité pose question. Il faudrait laisser les dynasties et clans partisans s'user d'eux mêmes. Il faudrait attendre que l'Histoire constate la démagogie et les manipulations pour dénoncer.
 
Dans les périodes les plus obscures, il y en a tellement eu qui savaient et qui se taisaient. Sans doute au nom du "politiquement correct". 
 
 

Publié dans l'air du temps

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