Parrainer n'est pas soutenir

Publié le par Nouvelle République Centre Presse

Les parrains des candidats à la présidentielle de la Vienne sont connus depuis samedi. Pour les “ petits ”, les signataires parlent plus d’acte civique que de soutien.

 

20120402nr-Parrainer-pas-soutenir.jpgLes parrains des dix candidats à l'élection présidentielle sont 22 dans la Vienne et, chose remarquable, chaque candidat dispose dans le département d'au moins un parrain. Pour les « grands » candidats (Sarkozy, Hollande, Mélenchon…), les parrains affichent, sauf exception qui nous aurait échappé, des opinions proches de celles de leurs filleuls. Nous nous sommes donc intéressés d'un peu plus près aux parrainages de candidats dits petits ainsi qu'à ceux, toujours sujets à polémique, qui sont allés à Marine Le Pen, en demandant aux parrains concernés qui le souhaitaient d'expliquer ce choix citoyen et néanmoins parfois courageux. La plupart des maires que nous avons essayé de joindre ont accepté de répondre.

Norbert Vergnaud, Luchapt (Nicolas Dupont-Aignan). - « Je soutiens son côté gaulliste. Il me semble être celui qui représente le mieux les valeurs que je défends. Donc, je le parraine et je le soutiens. »

Jacky Gauthier, Coulombiers (Jacques Cheminade). - « J'ai apprécié sa démarche de s'entourer d'une équipe de jeunes pour motiver sa campagne. J'ai reçu un groupe de ces jeunes et je leur ai donné ma promesse. Plus tard, Jacques Cheminade est venu me rencontrer à Paris lors du salon des maires. Aujourd'hui, je trouve qu'il a une campagne médiatisée de façon un peu originale. Mais dans le fond de son programme, il y a des choses intéressantes du point de vue financier. Cela dit, je n'ai pas voulu spécialement soutenir son programme et je ne vais pas forcément voter pour lui… »

Dominique Gremiaux, Beaumont (Marine Le Pen). - « Ce n'est pas un ralliement mais un souci de la démocratie dans la mesure où elle n'avait pas le nombre de signatures nécessaires. Il m'a semblé que c'était de mon devoir de permettre à 15 à 20 % de la population puisse s'exprimer. Je n'avais jamais donné mon parrainage auparavant mais j'ai estimé que le discours de Marine Le Pen n'est pas celui de Jean-Marie Le Pen. »

20120402nr-Parrainer-pas-soutenir-leveque.jpgDominique Lévêque, Targé (Nathalie Arthaud). - « Il aurait été démocratiquement injuste qu'elle ne puisse pas se présenter. Le premier tour est le moyen pour tous les courants de s'exprimer. Si on ne le leur permet pas, ce n'est pas bien. Je pense d'ailleurs que dix candidats, c'est vraiment très peu. C'est la raison de mon geste mais je ne l'aurais pas fait pour tous les candidats. Je ne voterai pas pour Nathalie Arthaud mais depuis qu'Arlette Laguillier se présente, il était logique que son successeur puisse continuer. »

Roger Tarteau, Moulismes (Dupont-Aignan). - « C'est un collègue maire qui me l'a demandé. J'ai mis du temps à me décider. C'est qu'il n'est pas du tout de mon côté et je ne voterai pas pour lui. Mais les petits candidats ont le droit de se présenter. Et c'est vrai aussi que Dupont-Aignan défend la ruralité. C'est un peu pour ça que j'ai signé. »

Joël Bizard, Marigny-Brizay (Dupont-Aignan). - « C'est le premier qui s'est manifesté. J'ai donné mon parrainage mais je n'ai pas donné ma voix. Dupont-Aignan, c'est pas dans mes idées. Mais les grands politiques n'ont rien à foutre des petits comme nous. Maintenant, que des présidents de conseils régional ou général distribuent les subventions en fonction des parrainages, je ne veux même pas y croire."

René Deméocq, Messé (Le Pen). - « Je ne vote pas pour le FN. Mais j'ai fait mon devoir en parrainant un candidat. »

20120402nr-Parrainer-pas-soutenir-chicot.jpgYanick Chicot, Saint-Rémy-sur-Creuse (Le Pen). - « Je suis un grand démocrate. Je trouvais anormal que quelqu'un qui représente 15 % des électeurs ne puisse pas être candidat. Je préfère l'avoir là que l'avoir dehors. Cela dit, je suis tout à fait anti Le Pen. Je suis Sarkozyste. Mais si mon parti n'était pas représenté, je serais révolutionnaire. J'ai un peu hésité à signer, mais j'ai tranché. »

Dany Richard, Queaux (Philippe Poutou).- «La démocratie, ce n'est pas confier le débat à la seule classe politique. Au nom du pluralisme, il faut que tous les candidats puissent s'exprimer. J'aai attendu la dernière minute pour aider un candidat qui n'avait pas ses 500 signatures et dont les idées peuvent intéresser les Français.»

 

Les parrainages de la Vienne

 

Voici la liste des élus (maires, maires délégués, conseillers généraux et régionaux) qui ont parrainé un candidat à l'élection présidentielle. Leurs noms ont été tirés au sort par le conseil constitutionnel (500 par candidat) ont été rendus publics samedi.

> Éva Joly : Hélène Shemwell, conseillère régionale, Jean-Hubert Brachet, maire de Saint-Julien-l'Ars, Éric Joyaux, conseiller régional.

> Marine Le Pen : René Deméocq, maire de Messais, Yanick Chicot, maire de Saint-Rémy-sur-Creuse, Jean-Marie Barraud-Duchéron, maire de Bellefonds, Dominique Gremiaux, maire de Beaumont.

> Nicolas Sarkozy : Arnaud Lepercq, conseiller général de Gençay.

> Jean-Luc Mélenchon : Michel Brouard, conseiller général de Saint-Savin.

> Philippe Poutou : Dany Richard, maire de Queaux.

> Nathalie Arthaud : Dominique Lévêque, maire délégué de Targé.

> Jacques Cheminade : Jacky Gauthier, maire de Colombiers.

> François Bayrou : Bernard Jacob, maire de Vicq-sur-Gartempe.

> Nicolas Dupont-Aignan : Roger Tarteau, maire de Moulismes ; Joël Bizard, maire de Marigny-Brizay ; Thierry Neel, maire d'Asnois ; Jacques Denize, maire de Glénouze ; Norbert Vergnaud, maire de Luchapt.

> François Hollande : Michel Gingreau, maire de Varennes ; Jacques Larrant, maire de Saulgé ; Jean Charrier, maire de Senillé ; Michel Favreau, maire de Coussay-les-Bois.

 

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Propos recueillis par Vincent Buche

 

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Merlaud 03/04/2012 11:02

Votre information sur le parrainage des candidats à la présidence de la République me choque. Puisqu’il s’agit d’un vote qui devrait rester secret pourquoi l‘afficher ?
Imaginons un instant qu’un « malade », constate que le maire de sa commune, se soit prononcé pour un candidat indésirable au mécontent, qu’il prenne son fusil et fasse le pire ?
Qu’adviendra-t-il ?
Cette information est dangereuse et sera sujette à des règlements de comptes, le moment venu ...
Personnellement, je suis totalement opposé à engager les maires sur des agréments de parrainages en vue de la Présidence. C’est pas leur travail.

Il y a un Conseil d’Etat Constitutionnel pour ça.

Ce Conseil dans une audience publique doit décider de la validité du candidat.