Notre temps

Publié le par Dominique Lévêque

Brigitte Sitbon-Peillon, professeur de philosophie, signe un article qui introduit le sujet ainsi: "Vivre avec son temps implique l’idée d’une inscription, et plus encore d’un ancrage dans une époque donnée, qui se manifesterait par l’adhésion aux « valeurs », aux pratiques et aux vérités du moment [...] Cette appropriation est-elle vraiment libre ? N’y a-t-il pas au contraire comme une contrainte à « vivre avec son temps », c’est-à-dire à accepter les modalités d’un temps qui nous rassemble, nous fait se ressembler aussi, nous impose de simplement « vivre avec », un mode du vivre qui serait dès lors la condition sine qua non d’un « être avec » ? Bref, « vivre avec son temps », serait-ce alors vivre en accord avec ses contemporains, dans une même temporalité créatrice de valeurs et de comportements, et où le temps deviendrait un lieu, celui de mêmes pratiques sociales identitaires ? [...] Autrement dit, a-t-on réellement la liberté de vouloir ou non « vivre avec son temps », ou bien, les idées et les pratiques d’une époque à laquelle on appartient ne s’imposent-elles pas à nous avec une certaine nécessité, sans même qu’on s’en aperçoive?".

 

Les thématiques associées sont nombreuses: le livre et l'internet, la périphérie et les hyper-centres, l'Eglise et la liberté, les drive et le supermarché, les supermarchés et le petit commerce, le commerce et la ferme, la solidarité et la morale, le travail et l'emploi... On peut tout regretter, on peut vouloir vivre comme au bon vieux temps, notre temps, et refuser de vivre avec son temps, le temps des autres. Le nombre de ceux qui sont attachés à d'honorables anciens principes diminue avec leur vieillissement. L'évolution de l'espèce humaine chère à Darwin se fait le portable au bout du doigt et l'auto sous les fesses. C'est comme çà ma pauv' Lucette, la vie change!

 

Le Franc, les jumelages, le mariage, l'école de nos grands-parents, les commémorations et défilés militaires se rangent tranquillement dans les rayons des bibliothèques de maisons de retraite. Le devoir de ceux qui sont en responsabilité est de s'adapter au monde qu'ils servent, tel qu'il est. Les enseignants, les dirigeants, les politiques ne peuvent être garants de l'offre et de la demande. Leur seul outil est d'être en phase avec les masses d'une société qui a besoin d'eux, ou de ne plus être. Quand une minorité veut contraindre les peuples au nom de ses principes, c'est le début d'une dictature. Pour le reste, l'Histoire des années 30 ou de la chute de l'Empire romain a montré qu'il fallait bien plus qu'un article de blog pour infléchir la tendance d'une l'Humanité en marche.

Publié dans l'air du temps

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