"Monsieur Lévêque, je vous retire la parole !": les détails croustillants

Publié le par Dominique Lévêque

"La séance du conseil municipal (NDLR: du jeudi 21 mars) a démarré par un coup de sang du maire. « Monsieur Lévêque, je vous retire la parole ! », a subitement asséné Jean-Pierre Abelin au maire délégué de Targé [...] « Je vais arrêter tout ça maintenant ! On n'est pas dans l'ordre du jour », a vociféré le maire ... " a-t-on pu lire dans la presse.

 

 

JPA DLSur la forme, retirer la parole en pleine démonstration prouve la crainte de la suite du propos. Pourtant, le souci de clarification était légitime et justifiait bien de se lancer dans une question à double détente dont on dut se priver à cause de la violente censure du Maire de Châtellerault. çà a "plombé l'ambiance".

 

 

Le hors sujet est difficile a invoquer puisqu'il était question de désignation des délégués de la commune au conseil d'agglo sur une délibération dont c'était l'objet. Par ailleurs, Monsieur Abelin n'a pas hésité à retirer la délibération sur la police municipale pour différer le débat, mais l'alimenta abondamment, et laissa un élu communiste débattre  sur le sujet à l'occasion d'une autre délibération. Le pauvre en était lui-même gêné. 

 

 

Sur le fond, Madame Vacheron  a donc été élue conseiller communautaire à son insu au conseil municipal de décembre 2012, par 28 voix contre 11, soit un minimum mathématique de 17 voix de la majorité. A l'issue du vote, elle a déclaré: « nous avons eu une discussion politique entre nous et en accord avec le Parti Socialiste nous avons convenu que ce serait Monsieur CIBERT qui serait présenté au poste. Je ne peux pas accepter votre vote, je suis désolée, donc je n'accepte pas d'être titulaire, même si je vous remercie de la confiance que vous me portez »

 

 

Messieurs Jean-Pierre ABELIN, et Dominique Lévêque, 7 janvier 2012Au Conseil de l’agglomération suivant, le président, Monsieur le maire de Châtellerault, a confirmé que Madame Vacheron, bien qu'absente pour convenance personnelle, avait  bien l’intention de siéger. Depuis, plus de nouvelles de cette étrange désignation.

 

 

D'autant plus étrange qu'en 2010, la majorité a voté le remplacement d’un conseiller communautaire au motif «qu’il avait fait part de son intention de se présenter avec l’étiquette de l’opposition municipale aux prochaines élections cantonales », ces prises de position « créant une confusion sur la politique choisie, engendrant un doute chez les autres élus communautaires,  les agents et les partenaires… » En conséquence la majorité établissait qu’il convenait « de rétablir une cohérence entre le choix d’un représentant de la commune au conseil communautaire… »

 

 

Changement de ton le 13 décembre dernier où Jean-Pierre Abelin déclarait : «  il faut que les gens soient là, pour au moins dire oui ou non mais pour participer au vote… » Sans doute un "décembre rouge" pour le maire qui insistait : « permettez-moi quand même de dire aussi les raisons pour lesquelles certains d'entre nous ont voté pour vous, il y avait une logique : la logique est que d'abord vous avez déjà été vice-présidente de l'agglomération, que vous avez une expérience de cette assemblée … les socialistes sont très représentés au conseil communautaire, comme vous le savez, les communistes le sont beaucoup moins, je crois qu'ils ont 1 représentant sur 67, excusez-moi, ce n'était pas non plus totalement absurde. »

 

 

En l’espèce, il ne s’agit plus de laisser l’opposition désigner un représentant, mais il s’est agi pour la droite centriste de coopter une étiquette plus opposée à celle  jadis éliminée.

 

 

gaa_ZfQrEfedw-wWT4vGRTl72eJkfbmt4t8yenImKBVaiQDB_Rd1H6kmuBW.jpgMadame le Sous-préfet écrivait en 2010 que la loi prohibe le remplacement d’un délégué pour des motifs étrangers au bon fonctionnement de l’administration municipale ou aux conditions d’exercice de la mission confiée. Monsieur Abelin, au dessus des lois, n'a pas hésité dans son décembre rouge à en rajouter en séance: « c'est un clin d'œil à quelque qu'un qui sait travailler en groupe, qui sait travailler dans une atmosphère constructive et c'est quand même remarquable, je le dis et je peux le dire, cela discrimine par rapport à d'autres ».

 

 

En fait, en juillet 2010 et en décembre 2013, comme il l'avoue lui même, Jean-Pierre Abelin a pratiqué une discrimination en se servant du remplacement de conseillers communautaires. Est-ce la 131ème réalisation du bilan, ou est-ce un méchant calcul anticyberguérin?  

 

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