Parcours de combattant

Publié le par Dominique Lévêque

Il faudrait toujours être capable de faire la part des choses entre  le travail et les hommes, entre la politique et les individus. L'intérêt collectif est intransigeant. Mais la communauté dans laquelle on évolue est attentive. On nait dans un tout petit bout du monde, on s'y éduque, on s'interesse à tous ceux qui nous entourent et qui influent sur notre vie, à tous ces visages qu'on croise au fil des années, et à tous ces êtres qui nous font exister.

 

Gilles vient de se retirer. Il me semble avoir imaginé çà depuis un certain temps, et maintenant que çà arrive, je ne sais quoi en faire. J'ai tellement oeuvré pour la défaite de Joël, et quand c'est arrivé, j'étais atteint par ce grand corps accablé et dandinant. Je croise Brigitte si souvent avec retenue, alors qu'elle avait accueilli mes 15 ans avec son sourire et ma solitude avec sa prévenance.

 

Il est abrupte le chemin pour montrer ses erreurs à son prochain et pour vivre en fraternité. Il faut au moins qu'il y ait au bout une lumière dévoilée sur une vie meilleure, un oeil sur une flèche pointée vers le soleil. Pas celui des feux de la rampe. Une victoire condamne à la réussite. Les coups ne sont rien. Comme on honore les morts pour la patrie, les souffrances des uns doivent servir, doivent être bonifiées pour briser des chaînes. Pas pour laisser une place vacante à d'autres qui ne l'auraient pas gagnée.

Publié dans l'air du temps

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