"L'Etat, c'est moi"

Publié le par Dominique Lévêque

Louis_XIV_of_France-par-Hyacinte-Rigaud-1701.jpgEffet pervers de la décentralisation, ce sont les petits élus qui rechignent aux grandes réformes, et non la population. Comme l'homme de la rue devenu homme de salon peut s'énerver devant sa télé en apprenant la politique de rigueur, l'augmentation des impôts ou la diminution des retraites, l'élu local s'agace derrière son petit bureau des réductions budgétaires qu'impose l'Etat à sa collectivité, des mesures qui mettent en danger son mandat, sa place, son existence.

 

On aurait pu imaginer que l'élu aurait pensé, parlé et agi pour l'intérêt général. On aurait pu imaginer que l'élu aurait la faculté d'objectivité et de clairvoyance. On aurait eu tendance bêtement à le croire suffisamment instruit ou informé pour agir en héros discret.

 

Que nenni! Effet pervers de la décentralisation, les élus locaux ou les autres oublient souvent que leur collectivité ne leur appartient pas, et que l'Etat c'est eux, que l'Etat, c'est nous tous. L'Etat, c'est aussi moi. Quand l'Etat va mal, la France profonde va mal, et quand l'Europe titube, l'Etat chancelle. Effets pervers du progrès.

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