Et c'est parti pour le show!..

Publié le par Dominique Lévêque

20130525nr-michel-guerin-candidat.jpgLa droite locale crie au non-évènement pour ne pas montrer qu'elle tremble. Michel Guérin vient d'annoncer sa candidature à la candidature. Au delà des deux pages de propagande dans la presse locale, ceux qui ont 1h35 de libre devant eux pourront visionner la vidéo intégrale de l'entretien ICI.

 

Que peut-on retenir du plongeon en apnée de celui dont la personnalité est attendue? On peut déjà revisionner la prestation de son certainement futur rival ICI pour dégager une comparaison qu'il serait inconvenant d'écrire.

 

Taillons dans le vif: il y a de bonnes choses, de très bonnes choses. En vrac: la volonté des élus doit prévaloir sur les dispositifs administratifs d'aménagement (SCOT), la Zone Monory et de la fibre optique ont été lancées avant Abelin, la politique culturelle ne peut être abandonnée à un organisme pilote controversé, le conseil de développement doit renaître de ses cendres, la valorisation des bords de Vienne peut être portée par toutes les équipes municipales candidates, comme l'ont été la place Zola et la restauration de l'ancien théâtre. Le candidat socialiste sait compter les graves erreurs de l'actuelle majorité: site de l'ancien hopital, site de l'ex-école de gendarmerie, absence de démocratie locale et de partage avec la population, inconscience folle sur le dossier du traitement des déchets ménagers, construction de la nouvelle école avec le renoncement aux belles écoles républicaines de centre ville comme Henri Denard, transformation de Blossac en barrières de stationnement, absence de parking réel dans le projet  Haigneré. Le jugement claque net: Abelin ne crée pas, il déplace

 

Michel Guérin sait aussi saluer, peut être comme un gage d'objectivité,  la réalisation du Conservatoire Clément Janequin. Il lance des idées alléchantes: un plan de circulation digne de ce nom, un évènement autour de la mixité sociale, raciale ou générationnelle, un évènement de rentrée autour d'un parc des expos rénové, la revalorisation patrimoniale du Pont Henri IV...

 

Il y a aussi cette analyse politique de choc: s'il doit revendiquer son appartenance à la précedente équipe municipale, il ne peut pas non plus en assumer tout le bilan, puisqu'il n'en était pas le chef, puisqu'il n'était pas Maire. Il y a encore cette volonté d'enfin rassembler la gauche locale et enterrer la hache de guerre.

 

Mais il y a de moins bonnes choses: la reprise du thème Abelin sur la formation professionnele dans l'Ecole de Gendarmerie, alors que Pôle Emploi est ailleurs, et que les autres dipositifs sont à la Manu. Moins rassurant aussi le fait de rappeler l'excellent travail avant 2008 sur la médiation et vouloir garder la police municipale. Ou reprocher la fermeture de l'école de Gendarmerie après avoir promis Avestor aux chatelleraudais. Ou ne pas remettre en question le choix affectif d'un hôtel et de logements sur l'Ancien Hopital, en acceptant le bidouillage de médiathèque quand on a perdu l'élection en partie sur la médiathèque justement. Ou encore s'appuyer sur des analyses fumeuses très technocratiques comme la consommation à l'extérieur des revenus châtelleraudais. Quelle drôle d'idée de vouloir enrôler des caractères de cochon, des personnalités fortes. Si çà part d'une bonne intention ou si çà rassure, c'est risqué. Car trop de leaders asphyxient le leader comme on le voit à la tête de l'Etat.

 

La campagne va être longue, très longue, trop longue. Elle va se dérouler sur fond de désillusion nationale. L'alliance avec le Front de Gauche n'est pas acquise. Les rouages des égo n'ont pas encore tourné. Le candidat pêche par ce désir de sécurité et de légitimité qui avait perdu Juppé en 1997. Michel Guérin n'en avait pas besoin. En clair, c'est chaud bouillant, mais ce n'est pas mûr.

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