EPCI EPICÉ

Publié le par Dominique Lévêque

EPCI? Établissement Public de Coopération Intercommunale. En clair, les Pays, Communautés de Communes et Communautés d'Agglomération. Un jargon suffisamment technique pour que l'on ait l'impression que c'est compliqué, qu'il faut être expert pour comprendre et du coup, qu'on ne s'en mêle pas.

 

Voilà que le Préfet  met en oeuvre la réduction de moitié du nombre des intercommunalités dans la Vienne. Pas de régime particulier, c'est pareil chez nos voisins de l'Indre et Loire. Évidemment, des élus se lèvent déjà pour contester la mesure. Décodage:

 

20110503nr carte epciD'un côté, un millefeuilles d'organisations intercommunales issues de réformettes de gouvernements successifs au fil des ans et des communes isolées. Il en résulte des lourdeurs administratives et politiques, des intérêts divergents entre maires et présidents d'EPCI, sans compter les autres strates politiques. Il en résulte aussi des compétences partagées qui multiplient les coûts et amoindrissent l'efficacité. Il en résulte enfin une grande inéquité sur le territoire, tant au niveau des ressources qu'au niveau de l'influence politique. Il était grand temps de faire un peu de ménage.

 

D'un autre côté: des élus, parmi lesquels quelques fins limiers politiques. La réforme donne donc l'occasion de s'opposer au changement. Elle génère aussi des craintes, pour les uns craintes légitimes de gestion du territoire, pour les autres des craintes de perdre pouvoir et influence, certains se servant des premières pour ne pas parler des secondes. Imaginez donc dans le regroupement de La Roche-Posay et Pleumartin avec Châtellerault que Véronique ABELIN ou Michel GUERIN imposent des choix à Bernard DOURY ou René BARRE.

 

Il y a quand même des négociations à mener, et des dimensions humaines à intégrer, comme, par exemple,  la commune de CHOUPPES qui serait plus naturellement à rattacher à Mirebeau. Et les méthodes "à la hussarde" d'un secrétaire général de préfecture, aussi influent soit-il, n'apporteront que suspicion et résistance. L'enjeu électoral ne semble d'ailleurs même pas justement calculé.

 

En fait, il faut aller au coeur des problèmes, et la réforme ne peut être efficace qu'à deux conditions:

  • Première condition: les compétences communales doivent maintenant être transfèrées plus rapidement vers les intercommunalités. D'une hiérarchisation de commune, département et Etat, on doit glisser vers Intercommunalité, Région et Europe. Il faut limiter le nombre d'étages inutiles.
  • Deuxième condition: Il faut avoir le courage de désigner les élus de ces intercommunalités élargies au suffrage universel. C'est nécessaire pour que ces futures collectivités soient reconnues par les citoyens, et à leur service. C'est aussi nécessaire pour de-technocratiser le fonctionnement des institutions. 

 

Au moins, tout ceux qui n'ont jamais pu se faire élire en leur nom auront peut être leur chance sur une liste. Et oui, il y a toujours des effets secondaires.

Ne vous y trompez pas: c'est là que çà se passe désormais.



 

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Publié dans l'air du temps

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