Dis, c'est quoi un élu?

Publié le par Dominique Lévêque

Il n'y a pas que le traitement de la sécurité qui échappe à nos élus, municipaux s'entend. Mais regardons-y de plus près.

 

Des élus, "désignés" sur un secteur, plus qu'en "charge" réelle, perçoivent des indemnités qui ne sont pas liées à leur compétence ou à une obligation de résultat, mais à leur disponibilité, leur représentativité et leurs frais engagés éventuellement.

 

Ceux désignés à la sécurité "n'ont pas la maîtrise juridique et logistique d'un tel sujet", c'est peut-être notoire. Encore faudrait-il qu'on les laisse exercer. Mais les élus chargés des travaux n'ont jamais été conducteurs de travaux, responsables de services techniques ou chef de travaux publics. Il n'y a pas que des infirmières au CCAS. Tous les adjoints au personnel n'ont pas toujours été DRH. L'élu en charge de l'éducation n'est pas forcément enseignant. L'élu aux transports ou aux espaces verts n'est ni conducteur de bus, ni jardinier. Celui en charge du développement durable n'éteint peut être pas sa lumière de jardin. Le premier adjoint n'est pas toujours femme au foyer...

 

Exiger le niveau de compétence d'un élu relève plus d'une vision étriquée que des fondements républicains, voire de l'efficacité. Exiger cela, ce serait la professionnalisation de la politique, l'éloignement des soucis de la population dans la gestion publique, ce serait la technocratisation à outrance.

 

L'élu n'est pas là pour diriger une entreprise à défaut d'avoir pu le faire dans sa vie professionnelle. Il est là pour représenter ceux qui ont voté pour lui dans la collectivité. Il est là pour vérifier que l'utilisation de l'argent public est conforme au bien, ou au voeu, collectif. L'élu apporte son oeil neuf et son regard d'utilisateur sur des dossiers qu'il découvre. Il rend compte du travail des services sur les dossiers qu'il connaît. Quelle serait autrement la raison d'être des employés et cadres municipaux?

 

En revanche, qu'il y ait confusion des genres, défaut de consultation, amalgame, confiscation des décisions, çà, c'est un vrai problème de gouvernance qui ne peut être sanctionné que par des échéances électorales. Parfois, çà démange, c'est vrai, et çà démange d'autant plus quand on est soi-même expert dans un domaine où çà patine. Il y a des derrieres qui sentent la savate! 

Publié dans l'air du temps

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