Les larmes des accablés

Publié le par Dominique Lévêque

Les grands perdants d'un scrutin cherchent toujours l'explication dans des analyses un peu torturées, alors que la vérité est en eux mêmes, si proche et si lointaine à la fois.

 

Il faut bien comprendre que chacun, un peu dans le confort de son ego, un peu par défaut d'honorabilité et de grandeur d'âme chez les autres, a l'impression qu'il ferait beaucoup mieux. Et chacun est ainsi persuadé que la difficulté n'est que de convaincre ou de déjouer les pièges tendus par les autres candidats. La défaite n'en est que plus éprouvante, et comme pour un deuil, les réflexes de sauvegarde de soi commencent par le refus de la réalité, puis ensuite l'injustice du sort, et enfin l'explication rationnelle.

 

Il y a aussi tous les proches qui, par affection ou humanité, ne peuvent mettre la claque d'une défaite prévisible. Il y a les particules gravitationnelles qui perdent le pari public qu'ils ont fait. Il y ont engagé le bon sens de leurs fondements. Il y a ceux qui perdent leur mise dans ce jeu, parce qu'ils y avaient vu un placement. Plus ils sont allégeants et nombreux, plus ceux là retardent le deuil, compromettent la remise en question. Si personne ne fait remarquer qu'on est sur la mauvaise route, on verra trop tard qu'on arrivera pas. Les larmes sont moins douloureuses quand l'humilité est sincère, quand on s'est  regardé avant dans le reflet des yeux des autres, quand on a compris qu'on induit parfois l'estimation qu'on réclame, quand on admet enfin qu'on a autant contraint que soulagé.

 

20111010nr-larmes-segolene.jpgToujours la même histoire, toujours les mêmes pièges: Madame Edith CRESSON après Matignon en 1992, Monsieur Lionel JOSPIN en 2002, Monsieur Gilbert GUERINEAU après les cantonales 2004, Monsieur Joël TONDUSSON et Monsieur Philippe RABIT après les municipales 2008, Monsieur Jean-Pierre RAFFARIN pour la présidence du Sénat en 2008, Monsieur Gilles MICHAUD après les cantonales 2011, Madame Ségolène ROYAL la semaine dernière...

Publié dans l'air du temps

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