Aujourd’hui, nous payons trente-cinq ans de mensonges

Publié le par Dominique Lévêque

Cliquez ici !François de Closets s’offusque : « Qu’un pays comme la France, avec autant d’atouts, soit au bord de la faillite, ce n’est pas concevable ! »
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FRANCE-SOIR. Que faire ?
F. C. Il faut arrêter de mentir aux Français ! Nous payons l’addition de trente-cinq ans de mensonges politiques et de laxisme budgétaire. Résultat : c’est 70 milliards d’euros qu’il faut aujourd’hui trouver pour éviter la faillite. Et cela, on le sait depuis 2005. On n’a rien fait. Maintenant, on y est.

 

F.-S. Comment en est-on arrivé là ?
F. C. C’est une responsabilité partagée de la droite et de la gauche. Chirac et Jospin ont renoncé au sauvetage de nos finances dès 1999, par pure démagogie, alors qu’ils en avaient les moyens financiers… En 1997, avec 4 % de croissance, avec le pétrole bradé à moins de 20 dollars et les taux d’intérêt les plus bas, la France avait les moyens de rembourser sa dette. Elle avait des rentrées fiscales providentielles, avec environ 40 milliards de francs d’excédents. DSK, ministre des finances de Jospin, voulait affecter ces excédents au remboursement de la dette, mais il n’osait pas le dire. Il avait la  «rigueur honteuse». Là-dessus, le président Chirac repère ça et, le 14 juillet, patatras, il révèle aux Français qu’il y a une «cagnotte» ! Il décide alors de distribuer cet argent aux Français, avec la complicité de Jospin, qui ne demande pas mieux.

   

F.-S. On a donc raté le coche du désendettement ?
F. C. Exactement ! Au moment où la France pouvait enfin rembourser ses dettes, l’Etat a tout flambé ! Et ce n’est pas la seule occasion manquée. Avant cet épisode, sur les 100 milliards d’euros recueillis lors des privatisations des grandes entreprises, 20 milliards seulement ont été affectés au désendettement. Le reste a servi à mettre du beurre dans les épinards… Même chose quand l’Etat brade son patrimoine immobilier. Pour parler clair, les gouvernements ont vendu les bijoux de famille pour boucler les fins de mois.

 

F.-S. Il est déjà trop tard pour agir ?
F. C. Non ! Mais il faut mobiliser tout le pays, tout de suite. Cela exigera « du sang, de la sueur et des larmes ». Nous sommes dans une économie de guerre. Ce doit être l’occasion de redresser la France, comme en 1945. Les Français en ont assez d’être trompés. Ils veulent un langage de vérité, même s’il est très dur. La crise financière de cet été a obligé le gouvernement à faire un pas, mais un tout petit pas seulement. Les Français sont assez mûrs pour comprendre et accepter les choses. Ils veulent qu’on les sorte de là.

   

F.-S. Les candidats à la présidentielle de 2012, vous convainquent-ils ?
F. C. Pris de court, ils promettent aujourd’hui le retour à l’équilibre, mais c’est un pur mensonge. Ils n’osent même pas utiliser le mot « rigueur » et encore moins « austérité ». Ils se moquent de nous ! Rien dans leurs programmes ne permet vraiment d’agir. Il faut prendre des décisions radicales, qu’il faut emprunter à la gauche comme à la droite ...

 

   

Publié dans l'air du temps

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