Au niveau de Jules Ferry ou Louise Michel

Publié le par Dominique Lévêque

La France peut être fière de sa laïcité, composante induite d'une République de liberté, d'égalité et de fraternité. Les humanistes le défende avec ferveur: il faut "assurer la tolérance réciproque, le respect mutuel et inciter les êtres humains à la solidarité". Il faut veiller face aux groupes identitaires, face aux "exactions, saccages et meurtres entre pro et antireligieux".

 

Mais où sont donc cachés respect mutuel et tolérance dans "Ce sont encore les propos de l'Église catholique au sujet du projet de loi sur l'ouverture du mariage civil à tous les couples, propos témoignant de positions arriérées, voire obscurantistes, en décalage complet avec les nécessaires évolutions sociales et politiques de notre temps»?

 

Car célébrer la laïcité permet de tenir vive la flamme d'un droit universel pour vivre sa religion ou sa non-religion, à condition de garantir la neutralité de l’Etat. Jean-Pierre Raffarin l’exprimait ainsi : "On ne peut pas empêcher l'Eglise de penser, de prier". Pourquoi des humanistes empêcheraient-ils certains de s'exprimer ? La laïcité connaitrait-elle l’extrémisme? Ou serait-elle l’outil d’un parti politique pour mener le combat d'un gouvernement?

 

Demander à la laïcité de « bouffer du curé », c’est comme faire de la parité forcée dans les élections cantonales un aveu de ségrégation, comme l'exprimait hier Catherine Coutelle. Les combats de toutes ces femmes et ces hommes ne doivent pas s'abaisser au niveau des raccourcis idéologiques dignes d'une publicité de spécialité laitière. Ces raccourcis sont trop souvent dictés par la merdiatisation des questions de société. Les vrais dangers sont là: confondre l'angélisme d’un monde « HD » et la sérénité de toujours se référer à des valeurs supérieures, à une certaine idée de l'intérêt public. Selon les termes de Jean-Pierre Chevènement, "la République est un régime de droit mais pas de faiblesse."

 

Quelle sacrée bonne idée de rappeler aussi souvent qu'il est possible le principe de laïcité. Concluons par un extrait de la lettre de Jules Ferry aux instituteurs, le 17 novembre 1883 :

La loi "met en dehors du programme obligatoire l'enseignement de tout dogme particulier ; d'autre part, elle y place au premier rang l'enseignement moral et civique. L'instruction religieuse appartient aux familles et à l'Église, l'instruction morale à l'école. Le législateur n'a donc pas entendu faire une œuvre purement négative. Sans doute il a eu pour premier objet de séparer l'école de l'Église, d'assurer la liberté de conscience et des maîtres et des élèves, de distinguer enfin deux domaines trop longtemps confondus : celui des croyances, qui sont personnelles, libres et variables, et celui des connaissances, qui sont communes et indispensables à tous, de l'aveu de tous [...] En vous dispensant de l'enseignement religieux, on n'a pas songé à vous décharger de l'enseignement moral : c'eût été vous enlever ce qui fait la dignité de votre profession[...]

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