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L'autre François

Publié le par François Michelin

On écarte son désir de comprendre. On se dit : “Je suis à la mode, je suis moderne…” C’est une paresse intellectuelle. Un bon ingénieur, c’est celui qui n’est ­jamais content de ce qu’il sait. Le mode d’emploi pour remettre la France d’aplomb est simple : c’est le respect de la réalité.  

 

Le problème, ce ne sont pas les ­salaires, c’est que ces gens travaillent beaucoup plus que nous ! Parce qu’un homme qui travaille, c’est un homme qui se construit et qui peut sortir les choses qu’il porte en lui ! Moins on travaille, moins on sort de choses.  

Le drame de la France, c’est qu’il y a un ministère du Travail et pas un ministère de l’Œuvre ! Il y a une perte de sens.

   

Les-themes-1009.jpgL’inventeur du pneu radial m’a dit un jour : “Si vous n’aimez pas le pneumatique, foutez le camp. J’ai besoin d’un patron qui aime ce que je fais.” Ce qui est vrai, c’est qu’il y a des financiers qui n’ont plus le sens des hommes.

 

Quand j’ai vu comment mon grand-père vivait, j’ai compris que l’argent c’est très commode, mais que, si l’on n’y prend pas garde, c’est comme une drogue. Mon grand-père m’a dit deux choses que j’ai gardées : la vérité et la réalité sont plus grandes que toi, et l’argent doit être un serviteur, jamais un maître.


Nous aussi, nous avons quitté la France, mais d’une autre façon. On ne pouvait plus exporter de France, il fallait donc fabriquer sur place… J’aurais pourtant rêvé qu’on puisse exporter de France comme les Allemands exportent d’Allemagne… Quand on voit des jeunes ingénieurs en France qui n’obtiennent pas ce à quoi ils ont droit, on en a marre, on ne peut pas assumer ce mépris…

 

J’ai souvent essayé d’expliquer aux autres mon expérience de la vie industrielle, les erreurs qu’il ne fallait pas faire. Mais il y a un refus de la réalité dans le monde politique. La réalité, pour eux, c’est d’être réélus. Certains n’ont pas été comme ça, pour eux c’était vraiment une mission. Pompidou était de ceux-là. Ou Pinay, un réaliste.

 

On avait les mêmes initiales ! (NDLR: à propos de Mitterrand) J’apprécie les gens qui ont le souci du réel et qui cherchent à le comprendre. C’était un humaniste de grande taille, Mitterrand ! Alors il a fait des choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord, mais la manière dont il travaillait dans sa tête était remarquable...Regardez comment il s’en est sorti ! Ils ont vu que ça ne marchait pas et, trois ans après, Fabius et lui ont changé de cap, à toute vitesse.

 

Ce qui reste d’une vie, quel que soit le support technique, c’est ce qu’on a appris auprès des hommes. Les hommes, c’est ça le plus im­portant.

 

Extrait de

l'intégrale de l'article en cliquant ICI

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"L'Etat, c'est moi"

Publié le par Dominique Lévêque

Effet pervers de la décentralisation, ce sont les petits élus qui rechignent aux grandes réformes, et non la population. Comme l'homme de la rue devenu homme de salon peut s'énerver devant sa télé en apprenant la politique de rigueur, l'augmentation des impôts ou la diminution des retraites, l'élu local s'agace derrière son petit bureau des réductions budgétaires qu'impose l'Etat à sa collectivité, des mesures qui mettent en danger son mandat, sa place, son existence.

 

On aurait pu imaginer que l'élu aurait pensé, parlé et agi pour l'intérêt général. On aurait pu imaginer que l'élu aurait la faculté d'objectivité et de clairvoyance. On aurait eu tendance bêtement à le croire suffisamment instruit ou informé pour agir en héros discret.

 

Que nenni! Effet pervers de la décentralisation, les élus locaux ou les autres oublient souvent que leur collectivité ne leur appartient pas, et que l'Etat c'est eux, que l'Etat, c'est nous tous. L'Etat, c'est aussi moi. Quand l'Etat va mal, la France profonde va mal, et quand l'Europe titube, l'Etat chancelle. Effets pervers du progrès.

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