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Profession politique

Publié le par Dominique Lévêque

L'élu, celui qui est choisi, est nommé à une dignité, à une fonction, à une place par la voie des suffrages. La fonction ne lui appartient pas, elle lui est confiée. Le plus souvent désigné par des gens ordinaires parmi les gens ordinaires, il les représente dans la gestion matérielle des affaires publiques.

 

Mais les indemnités, les avantages, font gonfler la tête, "prendre le melon". Vite grisé par toutes les décisions qu'on lui soumet, l'élu s'imagine vite indispensable. Il confond arbitrages dans les décisions et expertise dans les dossiers. Puis l'élu quitte sa profession d'origine pour consacrer plus de temps à son mandat qui devient  son seul moyen de subsistance. Une sorte de nouveau métier, une sorte de responsabilité qu'on n'aurait probablement jamais gagnée par le mérite dans son travail.

 

La dépendance financière entraîne ensuite les combats plus ou moins sincères qu'on connaît, la grosse tête engendre les services de copinages que l'on suppute. "Il faut rester en place à tout prix". Non seulement il ne faudrait pas que la fonction devienne le moyen de subsistance, mais en plus, il faudrait que l'élu continue à vivre à peu près comme avant.

 

Dans les élections qui arrivent, au moins les plus locales, la volonté populaire pourrait renvoyer à la vie ordinaire tous ceux qui ne vivent que de leurs mandats électifs, à fortiori quand ils en distribuent à leur famille. Monsieur TONDUSSON s'est relevé honorablement de ce défi là. D'autres pourraient apprendre.

 

On le fait? Alors, législatives 2012 sur la 4ème circonscription de la Vienne: 2 en moins.

Publié dans l'air du temps

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Froid dans le dos

Publié le par Dominique Lévêque

Des cérémonies de commémoration ont eu lieu à Drancy (Seine-Saint-Denis) puis Compiègne (Oise), 70 ans jour pour jour après le départ du premier convoi de Juifs pour le camp d'Auschwitz. Au total, le 27 mars 1942, 1.112 hommes, âgés de 18 à 60 ans, ont été déportés. Une vingtaine seulement sont revenus en 1945.

 

20070300 clg g sand birkenau ida grinspan et gaillon modifLa déportation, les camps de travail, de concentration et de la mort montrent à la fois l'horreur que l'Humanité peut perpétuer quand elle arrive à un tel point de non retour dans sa déconstruction sociale, et à la fois sa capacité de résistance et d'adaptation quand elle supporte la haine et la violence.

 

Les images du wagon souvenir de Drancy, celles du camp d'Auschwitz sont épouvantables. Elles glacent le sang dans les veines. Elles attrapent le ventre et nouent les entrailles. "Plus jamais çà"... et pourtant, l'actualité fait encore peur.

 

letoileetlacroixOn devrait obliger tous les élèves français à visiter Auschwitz-Birkenau, et à voir au moins un passage du film Shoah de Jacques Lanzmann.

 

Chez nous, il y a Madame Ida Grinspan. Il y a aussi Monsieur Roland Gaillon qui se déplace dans les établissements scolaires pour raconter l'histoire de sa famille, son histoire. Son récent excellent ouvrage L'étoile et la croix permet de prendre conscience. Écoutons les, lisons les sans modération. Pour se faire un peu mal au ventre, pour aimer une autre vie.

Publié dans l'air du temps

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"Seul le message de la République permettra de remonter le courant"

Publié le par Dominique Lévêque

Dans un entretien avec LeParisien.fr ce dimanche 25 mars 2012, interrogé par Éric Hacquemand, l’ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin, Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort et président du MRC, livre son analyse sur la séquence dramatique de Montauban et de Toulouse.  

"Il y a toujours, comme l’a dit M. Juppé, l’hypothèse d’une faille. Mais en même temps, il est très difficile de prévenir les crimes d’un forcené… Cela exigera à l’avenir que l’on donne à la DCRI plus de moyens humains et que son action soit mieux orientée vers les filières jihadistes, comme je l’avais demandé il y a plus de dix ans. La thèse du jeune loup solitaire me laisse dubitatif. Il y a certainement sur le territoire national des cellules (ndlr : terroristes) dormantes. Elles sont franchisées, elles se créent d’elles-mêmes. Pour les démasquer, encore faut-il avoir des moyens d’investigation et de suivi."

 

che2012 2Evidemment, il eût été préférable que le tueur soit attrapé vivant, comme Nicolas Sarkozy en avait donné la consigne. Nous en saurions plus sur le risque d’attentats analogues. Dans son appartement, Merah ne donnait plus signe de vie. Il était donc légitime que les policiers aient voulu en savoir plus. Merah a fait irruption en tenant deux armes à la main. La police s’est trouvée dans une situation qui était clairement celle de la légitime défense. Je ne joins pas ma voix à ceux qui critiquent l’exécution. L’exécution est toujours difficile. S’il y a une faille, elle est dans la conception.

L’immense majorité des jeunes qui aspirent à réussir leur vie ne peut pas trouver un exemple dans ce tueur sanguinaire qui filmait l’horreur. C’est un personnage qui représente une forme de dérive désespérée qui fait mal au cœur. Mais cela ne concerne qu’une infime minorité de personnes. C’est justement le travail de la DCRI de les repérer. La seule manière d’agir, c’est de reconquérir ces territoires difficiles. Tous les moyens d’ordre public sont nécessaires mais ne sont pas suffisants: on ne peut pas mettre un policier derrière chaque personne. Donc chaque citoyen doit respecter et faire respecter la loi républicaine. Evidemment, pour organiser cette reconquête, il faut remédier à la crise de la démocratie en faisant reculer les inégalités, le chômage de masse, etc. Seuls le message et l’action de la République permettront de remonter le courant. François Hollande l’a très bien dit : c’est le patriotisme qui en faisant aimer la France la fera reconnaître par tous ses enfants... Il est convaincu que la République est un régime de droit mais pas de faiblesse. C’est exactement ce que je pense depuis toujours.

Publié dans l'air du temps

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Le budget des familles n'est pas un tiroir caisse

Publié le par Dominique Lévêque

Quelques élus autour d'une table. Des gens le plus souvent ordinaires, juste assez épargnés par la vie pour avoir eu le temps et les moyens de chasser une petite gratification sociale. Quand on ne touche pas une petite indemnité. Même dérisoire, çà permet de rendre la retraite un peu plus confortable.
 
tn_facture-eau.jpgOrdre du jour: augmentation annuelle des tarifs. Bien sûr, le grand argentier est présent pour, dans son rôle de gestionnaire, mettre en garde l'assistance sur les risques financiers liés aux investissements en cours. Alors, même si on se rappelle qu'on a été modeste, aujourd'hui, on est responsable, on porte "Le brassard" de Fernand Raynaud.
 
"On ne va pas prendre le risque d'être accusé, soit d'avoir voulu ralentir le rythme des travaux, soit d'avoir dépensé l'argent sans le faire rentrer". Les techniciens ont préparé trois hypothèses: 3%, 4% ou 5%. "On pourrait limiter à 4%? 3%, çà va être juste. Mais alors il faudrait supprimer cette tranche trop avantageuse!" "Vous pouvez aussi jouer sur les frais de facturation. A moins que vous préferiez différer ces travaux que vos administrés ont demandé?" "D'accord! 5%, suppression de la tranche avantageuse et augmentation des frais. On ne sait jamais. Et puis, après tout, çà ne représente pas tant que çà sur une facture moyenne d'usager!" 
 
Pendant ce temps là, c'est le budget des familles qui sert de tiroir caisse.
 
 
"Le brassard", de Fernand RAYNAUD:

Publié dans l'air du temps

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CCAS ne signifie pas Centre Commercial d'Action Sociale

Publié le par Dominique Lévêque

CCASLes séances du conseil d'administration du CCAS ne sont plus depuis longtemps des lieux de débats. Elles perdent ainsi leur raison d'être, à fortiori quand le parti pris remplace le bon sens.

 

Pour ce conseil du mercredi 21 mars 2012, il y avait un peu de débat de fond, en particulier sur la participation des usagers aux frais de gestion des emplois familiaux. Allez comprendre quelle mouche de zèle gestionnaire a piqué la célèbre institution pour vouloir  faire plus que bien. En plus des 48 euros d'un droit d'adhésion mensuel, on va facturer 1.00 euro par heure de service de frais de gestion au lieu de 0.51. Mais il a fallu ajouter des dispositions miséreuses dont on n'aura pas connu le gain et la réelle nécessité budgétaire: suppression d'un plafonnement et arrêt du service pour les petits dossiers.

 

Il s'agit de mesures inutiles, discriminatoires pour toutes les personnes âgées ou handicapées dont le soutien, même épisodique, est essentiel comme repère et attache à la vie sociale. Le plafonnement permet de ne pas dissuader de l'utilisation de services lourds qui facilitent le maintien à domicile. Mais le pire à entendre était l'argumentaire identitaire pour justifier ces bricolages administratifs:

  • "C'est pour éviter que l'enveloppe communale compense", alors que c'est la mission d'un CCAS, levier de la politique sociale de la ville,
  • "Les autres prestataires facturent jusqu'à 2.60 euros",
  • "Pour les petits contrats, ils (les usagers) n'auront qu'à s'adresser à d'autres prestataires",
  • "Le temps passé sur les petits dossiers est trop important par rapport au montant traité",
  • "nos concurrents"...
  • pour arriver à la conclusion: "du social il en faut, mais pas trop, on en fait du social, on en fait déjà beaucoup!"

 

Aïe Aïe Aïe...Le message est clair. A quoi bon remplacer les chouquettes par des cacahuètes aux cérémonies des voeux, soit-disant pour le CCAS?

 

Publié dans l'air du temps

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Allo, Topaze?

Publié le par Dominique Lévêque

Adolphe-Thiers-par-Leon-Bonnat-1877.jpgAdoplphe Thiers adopte un plan de rigueur pour relever une France meurtrie par la guerre de 1870. "La France doit redouter également les gens qui ne sont capables de rien et les gens qui sont capables de tout".

 

Le massacre des communards lancés trop tôt sera suivi 10 ans plus tard,  en 1881, de l'école primaire gratuite, laïque et obligatoire. Sous le gouvernement de Jules FERRY qui donnera aussi la liberté de la presse.

 

Jules-Ferry.jpgGratuite, c'est à dire sans distinction de moyens pour les familles, laïque, c'est à dire sans distinction de religion, et obligatoire, c'est à dire sans distinction de milieu social. Seulement 130 ans que la nation éduque l'ensemble de son peuple pour qu'il progresse, qu'il connaisse, qu'il travaille et qu'il s'épanouisse. Au prix du sang des soldats tombés pour le pays et des 30000 victimes de la Commune. La France doit redouter autant ceux qui ne sont capables de rien pour son Ecole que ceux qui sont capables de tout pour la manipuler. Comme l'environnement, l'Ecole des sacrifices de la IIIème République est devenue fragile.

 

Source historique: Les 24 présidents de la République,

Nouvelle République Centre Presse

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Blog en berne

Publié le par Dominique Lévêque

drapeau-berne.jpgDe lâches assassinats manifestement racistes et antisémites ont montré hier que la haine et  l'intolérance poussent à une violence insoutenable.

 

 

Jour de silence.

Publié dans l'air du temps

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Principe de précaution

Publié le par Dominique Lévêque

Des centaines, puis des milliers de personnes qui traversent un bourg, un village, une ville, pendant des années et des années. Et puis un jour, une erreur humaine. Jeunesse, alcool, fatigue, drogue, ou plus simplement une erreur... Un drame familial inacceptable.

 

On ne mesurera pas les centaines de milliers de passages normaux, on ne fera pas référence aux efforts des plus disciplinés pour éviter de mettre en danger la vie d'autrui. On n'évoquera pas la fragilité de l'Homme ou l'inaccessibilité de l'objectif louable du "zéro accident". On ne parlera pas du niveau d'exigence des formations ou de la clémence d'une société confortable qui croit progresser dans la facilité, la tolérance et l'individualisme.

 

On préfèrera réclamer justice et clamer la responsabilité de la collectivité. On préferera se dédouaner en ordonnant des travaux d'aménagement simplistes et populistes sur de l'argent collectif.

 

Comme disait mon ami Alain: "Au prochain noyé, on pompe l'océan"...

 

Publié dans l'air du temps

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Transgressée

Publié le par Dominique Lévêque

Marguerite-Yourcenar.jpg

 

Toute loi trop souvent transgressée est mauvaise : c’est au législateur à l’abroger ou à la changer, de peur que le mépris où cette folle ordonnance est tombée ne s’étende à d’autres lois plus justes.

   

 

 

 

Marguerite Yourcenar (1903-1987),

Première femme élue à l'académie française en 1980,

Mémoires d'Hadrien

Publié dans P'tit break

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Ne Mélanchon pas tout!

Publié le par Dominique Lévêque

La campagne dynamique de Monsieur Jean-Luc Mélenchon soulève l'espoir du Front de Gauche.

 

Mélenchon 2011Alors, bien sûr, il y a cette histoire de 6ème république qui heurte les plus attachés aux fondements. Plutôt que de vouloir une 6ème république, appliquons respectueusement la 5ème.  Par exemple, on a préféré modifier le mandat présidentiel plutôt que d'accepter la sanction du peuple. Au prétexte d'éviter les cohabitations, les rapports  de force politique originels ont été déséquilibres. Par exemple encore, le référendum a été galvaudé dès qu'il n'a pas été conforme aux calculs politiciens. Par exemple, on trouve un truchement juridique pour éviter de déranger des intérêts particuliers puissants. D'autres répartitions des pouvoirs des 3ème et 4ème républiques ont montré de plus grandes fragilités.

 

Alors bien-sûr, il y a cette volonté symbolique de reprendre la Bastille. Une sorte d'idéal anarchique des temps modernes. Comme si la démocratie était réduite à une co-gestion des affaires publiques. Comme si la république devait donner au nombre ce qui revient au mérite. Comme si le droit l'emportait sur le devoir. Le mérite ne revient pas forcément à la finance, à la technocratie ou à la libéralisation dérégulée.

 

Alors, bien sûr, il y a.... il y a ..... et il y a ...

 

Mais il y a aussi le pouvoir qui doit retrouver la voie de la consultation et de l'action pour le peuple en marche. Il y a aussi des visages qui se relèvent, des yeux qui s'ouvrent et des coeurs qui croient. Des sourires aux lèvres. Des étincelles de monde différent. Une base qui tremble, une puce qui agace deux colosses. Ne Mélanchon pas tout, mais Mélenchon un comprimé effervescent dans l'eau plate. 

 

 

Publié dans l'air du temps

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