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Histoire d'un touriste

Publié le par Dominique Lévêque

Mairie de Châtellerault, 29 juillet 2010.

 

Cet après midi est chaud et serein. Détendu après les évènements du 8, il entre dans cette salle déserte et froide du rez de chaussée. Il s'avance tranquillement vers son casier à courrier , puis, stupéfait, il s'immoblise. L'étiquette qui portait son nom a été arrachée, et le casier est aussi vide que la dignité de ceux qui ont commandé ce geste mesquin, une fois de plus. Au fond de lui, il entend ces rires forts et vulgaires qui sonnent désormais le glas du bon sens dans cet endroit. Comme si après avoir écrasé une mouche sur le sol, on la cherchait encore en l'air. Un sourire blasé finit par éclairer son visage avant de sortir tranquillement... Mais il se rassure bien vite, un sauveur arrive.

Publié dans l'air du temps

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Toujours plus fort

Publié le par Dominique Lévêque

Je lis ce matin dans la presse que Monsieur Jean-Pierre Abelin, député maire de Châtellerault, est parti en vacances dans la cité des papes. Est-ce lassé par Lévêque, ou en quête d'appuis plus sûrs pour son avenir?

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Conseil Municipal du 8 juillet 2010, par Gilles Michaud

Publié le par Dominique Lévêque

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Lettre à Madame le Sous-préfet

Publié le par Dominique Lévêque

Le conseil municipal de Châtellerault s’est réuni hier, jeudi 8 juillet 2010, proposant en première délibération le remplacement de deux conseillers municipaux délégués à la communauté d’agglomération. J’ai fait une intervention à cette occasion puisque je suis concerné. Vous trouverez, ci-joint, le texte du projet adressé aux conseillers.

 

Je voudrais attirer votre attention sur cette délibération.

 

Concernant la forme de la délibération, il me semble que les articles L. 2121-23 et L.5211-2 annoncés en introduction ne sont pas adaptés au contexte. Par ailleurs, je m’interroge sur le respect du code électoral. Une décision électorale a été remise en cause, mais j’ai été démis seul, ce qui va à l’encontre des règles démocratiques.

 

Concernant le contenu de la délibération, les arguments utilisés pour justifier de me démettre des fonctions de délégué de la commune à l’agglomération ne me semblent pas adaptés à un acte officiel engageant la commune.

 

D’abord, il est écrit que les prises de position d’un conseiller communautaire pourraient créer la confusion. Le conseil de l’agglomération travaille depuis le début de son existence avec des conseillers de toutes tendances politiques confondues, voir même sans tendance politique affichée. Au bureau, composé des vice- présidents, le consensus règne depuis 2001. Les décisions y sont prises à l’unanimité. Des vice présidents qui ne font pas partie de la majorité du président sont en charge de dossiers importants comme la politique financière, la politique d’assainissement, les affaires artisanales, commerciales et agricoles, la sécurité et l’accessibilité des bâtiments communautaires, les technologies de l’information et de la communication, la voirie communautaire, l’attractivité du territoire et la politique en matière d’accueil des gens du voyage…Exiger qu’un élu communautaire appartienne à la majorité du président n’est pas cohérent avec les fondements de la collectivité. Un conseiller municipal délégué à l’agglomération ne peut pas générer des répercussions sur le bon fonctionnement de l’administration, un doute sur les agents et les partenaires de l’agglomération : ce n’est pas le conseiller qui travaille avec ces acteurs là, mais éventuellement le vice-président.

 

Ensuite, le fait de représenter la commune de Châtellerault poserait problème. Est énoncée la « cohérence entre le choix d’un conseiller communautaire représentant la commune et la politique à mener en accord avec la majorité municipale ». Or, Messieurs Michaud et Tondusson, conseillers d’opposition, ne sont pas en accord avec la majorité municipale. On lit

  • un « Considérant » qui justifie mon remplacement en tant que conseiller délégué […] compte tenu […] de la divergence exprimée publiquement avec la ligne politique de la majorité,
  • et ce « considérant » est suivi d’une liste de conseillés contenant les noms de Joël Tondusson, Gilles Michaud, Guy Gratteau, Saul Ferreira et Chantal Vacheron, conseillers d’opposition.

Il y a donc dans ce point un problème grave dans les justifications de la délibération.

 

Enfin, des propos relatés dans la presse sont utilisés dans une délibération officielle. La notion de majorité et d’étiquette politique en est déduite pour justifier la nécessité de me remplacer. Si l’on applique ce raisonnement, les propos du député maire dans l’Express de septembre 2009 le place « de centre gauche ». Le contenu de la délibération n’est de la sorte plus cohérent, puisque tenir compte des propos de la presse me placerait de la même tendance politique que le maire qui demande mon éviction pour des raisons d’étiquette politique.

 

La liste électorale promettait d’ailleurs la diversité politique et l’ouverture. Etait même écrit dans le document électoral de présentation de l’équipe : « une équipe ouverte, positionnée au cœur de la vie châtelleraudaise, très majoritairement sans engagement partisan et conciliant des sensibilités très diverses allant du centre gauche avec Dominique Lévêque à l‘UMP… ». Ce positionnement n’a pas changé, et j’ai bien été élu dans toutes mes représentations sur ces bases là. La « divergence exprimée avec la ligne de la majorité » prétextée aujourd’hui existait depuis le départ.

 

Je ne demande bien sûr pas que l’Etat invalide une décision politique du conseil municipal. En revanche, je me permets d’attirer votre attention sur cette délibération afin que le contrôle de légalité que vous devez faire soit particulièrement vigilant.

 

Je vous remercie de votre diligente attention.

 

Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Madame le Sous-préfet, l’expression de mes salutations les plus respectueuses

Publié dans Communiqués

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Conseil Municipal du 8 juillet 2010, par Cyril Cibert

Publié le par Dominique Lévêque

Publié dans l'air du temps

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Intervention sue la déliberation1, conseil municipal du 8 juillet 2010

Publié le par Dominique Lévêque

Une petite intervention, à laquelle j’ai trouvé un titre, çà s’appelle :

« Mon Père, Mon Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Je vais essayer de ne pas trop parler à la première personne, au cas où quelque psychiatre éventuellement présent ne conclue trop vite à un égo démesuré.

 

Qui aurait cru qu’on aurait été capable ici de radier un élu au motif qu’il se soit exprimé librement, pire encore, qu’il ait envisagé de se présenter à une élection. Chacun jugera des méthodes employées et de la considération apportée aux élus, comme Madame Barrault le regrettait encore lors du dernier conseil municipal. Dans Le Monde d’avant-hier, Monsieur Bertrand Delanoë rappelait Montherlant décrivant ainsi la France de la fin des années 30: « une morale où l’indignation est appelée « mauvais caractère », où l’expression de ce qui est, est appelée « inconvenance », où tout homme qui se tient à ses principes, et dit non, est décrété « impossible »[1]. J’espère que la coïncidence avec des faits existants ou ayant existé ne sera pas prémonitoire, car vous n’y tenez pas le plus beau rôle, Monsieur le maire.

 

Sur la forme de la délibération, j’écris dès demain à l’Etat pour que le contrôle de légalité soit particulièrement vigilant sur le respect du droit électoral. Vous tentez de me démettre seul, ce qui va à l’encontre des règles démocratiques. Vous remettez en cause une décision électorale, le code électoral ne vous permet pas d’agir selon votre bon vouloir.

 

Sur le fond : Vous prétextez « des prises de position qui créeraient une confusion sur la politique choisie ». Comme c’est vous qui choisissez la politique, j’en déduis que vous êtes en pleine confusion.

 

Comment faire croire ici aux élus de Châtellerault, que les prises de position d’un conseiller communautaire pourraient créer la confusion ?

Le conseil de l’agglomération travaille depuis le début de son existence avec des conseillers de toutes tendances politiques confondues, voir même sans tendance politique affichée.

Au bureau, composé des vice- présidents, le consensus règne depuis 2001. Les décisions y sont prises à l’unanimité. Des vice présidents qui ne font pas partie de la majorité du président sont en charge de dossiers importants comme la politique financière, la politique d’assainissement, les affaires artisanales, commerciales et agricoles, la sécurité et l’accessibilité des bâtiments communautaires, les technologies de l’information et de la communication, la voirie communautaire, l’attractivité du territoire et la politique en matière d’accueil des gens du voyage…Alors pourquoi vouloir faire croire qu’un élu communautaire doit appartenir à la majorité du président ?

 

Peut-être voudriez-vous faire croire que c’est le fait de représenter la commune de Châtellerault qui pose désormais problème ?

Vous parlez de « cohérence entre le choix d’un conseiller communautaire représentant la commune et la politique à mener en accord avec la majorité municipale ». Est-ce à dire que Messieurs Michaud et Tondusson seraient en accord avec la majorité municipale ? Décidemment, votre passion vous aveugle, et le règlement de compte tourne au ridicule. Vous osez écrire dans une délibération, acte officiel engageant la commune,

  • un « Considérant » qui justifie mon remplacement en tant que conseiller délégué […] compte tenu […] de la divergence exprimée publiquement avec la ligne politique de la majorité,
  • et ce « considérant » est suivi d’une liste de conseillés contenant les noms de Joël Tondusson, Gilles Michaud, Guy Gratteau, Saul Ferreira et Chantal Vacheron.

Soit j’ai manqué un épisode, soit vous ne manquez pas d’air ! Ce n’est pas très fort pour quelqu’un qui vote les lois de notre République.

 

Si répercussions sur le bon fonctionnement de l’administration il y a, ce ne sont pas des répercussions de divergences politiques, mais ce sont les répercussions de vos hésitations qui forcent à prendre des décisions par défaut ! Et bien sûr, vous invalidez ensuite les choix opérés, ou vous déclenchez des séances de travail qui contournent ceux qui vous gênent.

 

Comment un conseiller municipal délégué pourrait générer des répercussions sur le bon fonctionnement de l’administration, un doute sur les agents et les partenaires de l’agglomération ? Ce n’est pas le conseiller qui travaille avec ces acteurs là, mais éventuellement le vice-président ! Vous cherchez donc, monsieur le Maire, à atteindre mes fonctions de Vice président et non celles de conseiller municipal délégué à la CAPC.

Vous vous trompez d’instance, vous vous trompez d’argumentaire, vous vous trompez de démocratie, vous vous trompez peut être même d’époque, Monsieur le maire…

 

Qu’est ce qui aurait changé avec mes récentes déclarations?

Rappelez-vous la liste électorale que vous avez présentée aux électeurs en mars 2008 : j’y étais repéré comme chargé de l’Insertion, compétence de l’agglomération, et j’ai été élu dans votre liste, donc de votre équipe municipale jusqu’à la fin de votre mandat.

Rappelez-vous votre liste électorale, elle promettait la diversité politique et l’ouverture. Comment ne pas accepter aujourd’hui cette diversité politique que vous avez tant vantée ? Vous avez même écrit dans le document électoral de présentation de votre équipe : « une équipe ouverte, positionnée au cœur de la vie châtelleraudaise, très majoritairement sans engagement partisan et conciliant des sensibilités très diverses allant du centre gauche avec Dominique Lévêque à l‘UMP… ». Ce positionnement n’a pas changé, et j’ai bien été élu dans toutes mes représentations sur ces bases là. La « divergence exprimée avec la ligne de la majorité » que vous prétextez aujourd’hui existait depuis le départ.

 

Monsieur le maire, vous m’avez trompé en pratiquant non pas l’ouverture, mais ce que Monsieur Lionel Jospin nommait récemment le débauchage individuel.

 

Je vais citer Monsieur Michaud qui écrit dans le magazine d’avril à propos de notre municipalité «C’est comme une marque de sodas : ça a l’apparence et le goût de la démocratie… mais ça n’en est pas ! ».

Les exemples se multiplient : des mensonges les plus mesquins, type réunion qu’on annule mais qu’on fait quand même, aux tromperies à la démocratie, comme le mensonge de la cloche. Je constate à mes dépends ce mépris pour la démocratie aujourd’hui.

 

 

Vous voudriez donc vous débarrasser de moi pour des soi-disant raisons de majorité qui ne tiennent pas debout, mais vous avez oublié au passage un détail : il faudra quand même m’inviter et me fournir l’ordre du jour des assemblées délibérantes de l’agglomération, en vertu de l’article L5211-6, modifié par Loi n°2004-809 du 13 août 2004 - art. 158 JORF 17 août 2004, qui précise que : « Toute commune associée issue d'une fusion en application de l'article L. 2113-1 », ce qui est le cas de Targé, « est représentée au sein de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale, avec voix consultative, par le maire délégué ou un représentant[2]… ». Je siègerai donc quand même ! A condition que, contrairement à l’histoire des glands, vous respectiez la loi et que vous ayez un peu de considération, cette fois, pour la commune associée. Vous déclarez d’ailleurs dans la presse que vous allez désormais mettre les bouchées doubles à Targé ? J’espère que çà ne signifie pas que vous n’auriez pas fait tout ce qui était possible jusque là? Finalement, le village en bénéficie, puisque le mois juste passé, j’ai constaté en me promenant, des trottoirs tous neufs rue Pagnol, et rue Prévert.

 

Vous dites aussi dans la presse, monsieur le Maire, au sujet de mon statut de Maire Délégué de Targé, « « La loi ne nous permet pas de lui enlever cette délégation. Ça ne peut venir que de lui, ça relève de sa propre évaluation. » : J’ai donc évalué que je ne risque désormais plus rien venant de vous et que je peux m’exprimer cette fois librement, pour défendre notre territoire et informer nos concitoyens. D’ailleurs, si je démissionnais, qui pourriez-vous mettre à ma place : un élu qui n’habite pas Targé, ou un élu d’opposition qui rendrait caduque, une fois de plus, votre argumentaire de ce soir ?

 

Que chacun le sache : la délibération que vous proposez ce soir, devant le conseil municipal de Châtellerault, m’évince en une seule fois de :

  • Vice Président de l’agglomération chargé de la politique d'insertion et d'emploi, mais aussi :
  • Président de la Commission Aménagement de l’Espace et Politique de la Ville,
  • administrateur de la Mission locale Nord Vienne,
  • secrétaire de l’Association Régionale des Missions Locales,
  • secrétaire du bureau de la MEEF, Maison de L’Economie, de l’Emploi et de la Formation,
  • administrateur de la MDEF86, maison de l’emploi du département,
  • Vice Président du bureau de l’Ecole de la Deuxième Chance,
  • administrateur de l’association AUDACIE,
  • représentant au conseil d’administration de l’association intermédiaire Action Emploi,

C’était une solution juridique. Vous tentez ainsi un joli coup politique mais la ficelle est trop grosse ! Vous voilà découvert dans votre pratique de calcul politicien et non de service du territoire.

 

Si j’ajoute à cette liste les autres responsabilités que vous m’aviez confiées, en plus de maire délégué de Targé :

  • Vice président du CCAS,
  • Président de la Mission Locale Nord Vienne,
  • Vice Président du Conseil d’Administration du Centre Hospitalier,
  • Président de la Commission Administrative Paritaire de l’hôpital,

 

J’espère faire comprendre au conseil ce soir :

  • Soit vous avez payé le prix fort pour mon débauchage en espérant mon allégeance,
  • Soit votre erreur d’appréciation en ce qui me concerne est telle qu’elle prouve que vous n’êtes pas à la hauteur,
  • Soit vous n’aviez rien compris à la collectivité que vous avez voulu diriger.

 

Je vous le dis en vérité, il s’agit de sanctionner d’abord, mais aussi de m’empêcher de m’exprimer, m’empêcher de parler de la gouvernance du CCAS, m’empêcher de parler des comptes de la Mission Locale, m’empêcher de parler de CODEVAL, vrai sujet confisqué à la démocratie, et tant d’autres sujets « déterminants pour les 50 ans à venir » comme vous l’a écrit Monsieur Michel Guérin dans son récent courrier. La culture et le patrimoine sont essentiels au cœur d’une ville, mais il y a aussi celui de ses habitants.

 

Revenons à la délibération de ce soir : j’y découvre qu’il y aurait une ligne directrice de la politique municipale : il serait peut être intéressant de la connaitre. En tous cas, vous utilisez dans une délibération officielle des propos relatés dans la presse. Vous en déduisez la notion de majorité. Grâce à vos déclarations dans l’Express de septembre 2009, on peut donc déduire que vous êtes de centre gauche, ce qui du coup me situe avec la même étiquette politique que vous ! On peut le rajouter à la présente délibération. De quoi perdre le nord, Monsieur le Maire !

 

Avant de conclure, j’adresse un petit mot à mes collègues élus, parfois amis, et qui vont devoir voter contre moi : je vous demande de garder espoir car j’ai connu des mandatures où l’on n’est quand même pas confondu dans ce genre de situation. Dès la première petite parcelle de pouvoir, la nature humaine laisse ressurgir ce qu’elle a de plus incompréhensible. A l’instar de l’équipe de France de football dans ses déboires, la réunion d’individus ne forme pas une équipe, mais crée, tout au plus, une communauté.

 

Je deviens malgré moi l’antidote du système Abelin qui protège son clan! Entre fuir, être spectateur ou s’engager, je choisis ce soir de m’engager pour relever un défi démocratique et éthique.

 

Monsieur le maire, je vous demande de retirer de cette délibération ce qui me concerne,

 

Monsieur le maire, devant la flagrante vérité de votre manque de discernement, et devant ce qui est ici une faute grave;

Ce n’est pas MA démission qu’il faudra attendre pour le bon fonctionnement de l’administration,

Ce sera VOTRE démission, monsieur le Maire, qui sera salutaire à Châtellerault.

 

C’est dit.

 


[1] « il y a un peu plus de 70 ans, Montherlant publiait un petit livre ardent et lucide, L’équinoxe de septembre, dans lequel il dénonçait l’atmosphère délétère de la France de la fin des années 30… »

[2] Qu’il désigne au sein du conseil ou de la commission consultative.

Publié dans l'air du temps

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Intervention au conseil municipal

Publié le par Dominique Lévêque

Une petite intervention, à laquelle j’ai trouvé un titre, çà s’appelle :

« Mon Père, Mon Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Qui aurait cru qu’on aurait été capable ici de radier un élu au motif qu’il se soit exprimé librement, pire encore, qu’il ait envisagé de se présenter à une élection. Chacun jugera des méthodes employées et de la considération apportée aux élus, comme Madame Barrault le regrettait encore lors du dernier conseil municipal. Dans Le Monde d’avant-hier, Monsieur Bertrand Delanoë rappelait Montherlant décrivant ainsi la France de la fin des années 30: « une morale où l’indignation est appelée « mauvais caractère », où l’expression de ce qui est, est appelée « inconvenance », où tout homme qui se tient à ses principes, et dit non, est décrété « impossible »[1]. J’espère que la coïncidence avec des faits existants ou ayant existé ne sera pas prémonitoire, car vous n’y tenez pas le plus beau rôle, Monsieur le maire.

Sur la forme de la délibération, j’écris dès demain à l’Etat pour que le contrôle de légalité soit particulièrement vigilant sur le respect du droit électoral. Vous tentez de me démettre seul, ce qui va à l’encontre des règles démocratiques. Vous remettez en cause une décision électorale, le code électoral ne vous permet pas d’agir selon votre bon vouloir.

Sur le fond : Vous prétextez « des prises de position qui créeraient une confusion sur la politique choisie ». Comme c’est vous qui choisissez la politique, j’en déduis que vous êtes en pleine confusion.

Comment faire croire ici aux élus de Châtellerault, que les prises de position d’un conseiller communautaire pourraient créer la confusion ?

Le conseil de l’agglomération travaille depuis le début de son existence avec des conseillers de toutes tendances politiques confondues, voir même sans tendance politique affichée.

Au bureau, composé des vice- présidents, le consensus règne depuis 2001. Les décisions y sont prises à l’unanimité. Des vice présidents qui ne font pas partie de la majorité du président sont en charge de dossiers importants comme la politique financière, la politique d’assainissement, les affaires artisanales, commerciales et agricoles, la sécurité et l’accessibilité des bâtiments communautaires, les technologies de l’information et de la communication, la voirie communautaire, l’attractivité du territoire et la politique en matière d’accueil des gens du voyage…Alors pourquoi vouloir faire croire qu’un élu communautaire doit appartenir à la majorité du président ?

 

Peut-être voudriez-vous faire croire que c’est le fait de représenter la commune de Châtellerault qui pose désormais problème ?

Vous parlez de « cohérence entre le choix d’un conseiller communautaire représentant la commune et la politique à mener en accord avec la majorité municipale ». Est-ce à dire que Messieurs Michaud et Tondusson seraient en accord avec la majorité municipale ? Décidemment, votre passion vous aveugle, et le règlement de compte tourne au ridicule. Vous osez écrire dans une délibération, acte officiel engageant la commune,

  • un « Considérant » qui justifie mon remplacement en tant que conseiller délégué […] compte tenu […] de la divergence exprimée publiquement avec la ligne politique de la majorité,
  • et ce « considérant » est suivi d’une liste de conseillés contenant les noms de Joël Tondusson, Gilles Michaud, Guy Gratteau, Saul Ferreira et Chantal Vacheron.

Soit j’ai manqué un épisode, soit vous ne manquez pas d’air ! Ce n’est pas très fort pour quelqu’un qui vote les lois de notre République.

Si répercussions sur le bon fonctionnement de l’administration il y a, ce ne sont pas des répercussions de divergences politiques, mais ce sont les répercussions de vos hésitations qui forcent à prendre des décisions par défaut ! Et bien sûr, vous invalidez ensuite les choix opérés, ou vous déclenchez des séances de travail qui contournent ceux qui vous gênent.

Comment un conseiller municipal délégué pourrait générer des répercussions sur le bon fonctionnement de l’administration, un doute sur les agents et les partenaires de l’agglomération ? Ce n’est pas le conseiller qui travaille avec ces acteurs là, mais éventuellement le vice-président ! Vous cherchez donc, monsieur le Maire, à atteindre mes fonctions de Vice président et non celles de conseiller municipal délégué à la CAPC.

Vous vous trompez d’instance, vous vous trompez d’argumentaire, vous vous trompez de démocratie, vous vous trompez peut être même d’époque, Monsieur le maire…

Qu’est ce qui aurait changé avec mes récentes déclarations?

Rappelez-vous la liste électorale que vous avez présentée aux électeurs en mars 2008 : j’y étais repéré comme chargé de l’Insertion, compétence de l’agglomération, et j’ai été élu dans votre liste, donc de votre équipe municipale jusqu’à la fin de votre mandat.

Rappelez-vous votre liste électorale, elle promettait la diversité politique et l’ouverture. Comment ne pas accepter aujourd’hui cette diversité politique que vous avez tant vantée ? Vous avez même écrit dans le document électoral de présentation de votre équipe : « une équipe ouverte, positionnée au cœur de la vie châtelleraudaise, très majoritairement sans engagement partisan et conciliant des sensibilités très diverses allant du centre gauche avec Dominique Lévêque à l‘UMP… ». Ce positionnement n’a pas changé, et j’ai bien été élu dans toutes mes représentations sur ces bases là. La « divergence exprimée avec la ligne de la majorité » que vous prétextez aujourd’hui existait depuis le départ.

Monsieur le maire, vous m’avez trompé en pratiquant non pas l’ouverture, mais ce que Monsieur Lionel Jospin nommait récemment le débauchage individuel.

Je vais citer Monsieur Michaud qui écrit dans le magazine d’avril à propos de notre municipalité «C’est comme une marque de sodas : ça a l’apparence et le goût de la démocratie… mais ça n’en est pas ! ».

Les exemples se multiplient : des mensonges les plus mesquins, type réunion qu’on annule mais qu’on fait quand même, aux tromperies à la démocratie, comme le mensonge de la cloche. Je constate à mes dépends ce mépris pour la démocratie aujourd’hui.

Vous voudriez donc vous débarrasser de moi pour des soi-disant raisons de majorité qui ne tiennent pas debout, mais vous avez oublié au passage un détail : il faudra quand même m’inviter et me fournir l’ordre du jour des assemblées délibérantes de l’agglomération, en vertu de l’article L5211-6, modifié par Loi n°2004-809 du 13 août 2004 - art. 158 JORF 17 août 2004, qui précise que : « Toute commune associée issue d'une fusion en application de l'article L. 2113-1 », ce qui est le cas de Targé, « est représentée au sein de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale, avec voix consultative, par le maire délégué ou un représentant[2]… ». Je siègerai donc quand même ! A condition que, contrairement à l’histoire des glands, vous respectiez la loi et que vous ayez un peu de considération, cette fois, pour la commune associée. Vous déclarez d’ailleurs dans la presse que vous allez désormais mettre les bouchées doubles à Targé ? J’espère que çà ne signifie pas que vous n’auriez pas fait tout ce qui était possible jusque là? Finalement, le village en bénéficie, puisque le mois juste passé, j’ai constaté en me promenant, des trottoirs tous neufs rue Pagnol, et rue Prévert.

Vous dites aussi dans la presse, monsieur le Maire, au sujet de mon statut de Maire Délégué de Targé, « « La loi ne nous permet pas de lui enlever cette délégation. Ça ne peut venir que de lui, ça relève de sa propre évaluation. » : J’ai donc évalué que je ne risque désormais plus rien venant de vous et que je peux m’exprimer cette fois librement, pour défendre notre territoire et informer nos concitoyens. D’ailleurs, si je démissionnais, qui pourriez-vous mettre à ma place : un élu qui n’habite pas Targé, ou un élu d’opposition qui rendrait caduque, une fois de plus, votre argumentaire de ce soir ?

Que chacun le sache : la délibération que vous proposez ce soir, devant le conseil municipal de Châtellerault, m’évince en une seule fois de :

  • Vice Président de l’agglomération chargé de la politique d'insertion et d'emploi, mais aussi :
  • Président de la Commission Aménagement de l’Espace et Politique de la Ville,
  • administrateur de la Mission locale Nord Vienne,
  • secrétaire de l’Association Régionale des Missions Locales,
  • secrétaire du bureau de la MEEF, Maison de L’Economie, de l’Emploi et de la Formation,
  • administrateur de la MDEF86, maison de l’emploi du département,
  • Vice Président du bureau de l’Ecole de la Deuxième Chance,
  • administrateur de l’association AUDACIE,
  • représentant au conseil d’administration de l’association intermédiaire Action Emploi,

C’était une solution juridique. Vous tentez ainsi un joli coup politique mais la ficelle est trop grosse ! Vous voilà découvert dans votre pratique de calcul politicien et non de service du territoire.

Si j’ajoute à cette liste les autres responsabilités que vous m’aviez confiées, en plus de maire délégué de Targé :

  • Vice président du CCAS,
  • Président de la Mission Locale Nord Vienne,
  • Vice Président du Conseil d’Administration du Centre Hospitalier,
  • Président de la Commission Administrative Paritaire de l’hôpital,

J’espère faire comprendre au conseil ce soir :

  • Soit vous avez payé le prix fort pour mon débauchage en espérant mon allégeance,
  • Soit votre erreur d’appréciation en ce qui me concerne est telle qu’elle prouve que vous n’êtes pas à la hauteur,
  • Soit vous n’aviez rien compris à la collectivité que vous avez voulu diriger.

Je vous le dis en vérité, il s’agit de sanctionner d’abord, mais aussi de m’empêcher de m’exprimer, m’empêcher de parler de la gouvernance du CCAS, m’empêcher de parler des comptes de la Mission Locale, m’empêcher de parler de CODEVAL, vrai sujet confisqué à la démocratie, et tant d’autres sujets « déterminants pour les 50 ans à venir » comme vous l’a écrit Monsieur Michel Guérin dans son récent courrier. La culture et le patrimoine sont essentiels au cœur d’une ville, mais il y a aussi celui de ses habitants.

Revenons à la délibération de ce soir : j’y découvre qu’il y aurait une ligne directrice de la politique municipale : il serait peut être intéressant de la connaitre. En tous cas, vous utilisez dans une délibération officielle des propos relatés dans la presse. Vous en déduisez la notion de majorité. Grâce à vos déclarations dans l’Express de septembre 2009, on peut donc déduire que vous êtes de centre gauche, ce qui du coup me situe avec la même étiquette politique que vous ! On peut le rajouter à la présente délibération. De quoi perdre le nord, Monsieur le Maire !

Avant de conclure, j’adresse un petit mot à mes collègues élus, parfois amis, et qui vont devoir voter contre moi : je vous demande de garder espoir car j’ai connu des mandatures où l’on n’est quand même pas confondu dans ce genre de situation. Dès la première petite parcelle de pouvoir, la nature humaine laisse ressurgir ce qu’elle a de plus incompréhensible. A l’instar de l’équipe de France de football dans ses déboires, la réunion d’individus ne forme pas une équipe, mais crée, tout au plus, une communauté.

Je deviens malgré moi l’antidote du système Abelin qui protège son clan! Entre fuir, être spectateur ou s’engager, je choisis ce soir de m’engager pour relever un défi démocratique et éthique. Le sort de Châtellerault a souvent été très lié au national : De Gaulle- Abelin père, l’ère de l’intégrité, Mitterrand-Cresson, l’ère du progrès, Sarkozy- Abelin fils, l’ère des tourments : je prends rendez vous pour l’ère suivante.

Monsieur le maire, je vous demande de retirer de cette délibération ce qui me concerne,

Monsieur le maire, devant la flagrante vérité de votre manque de discernement, et devant ce qui est ici une faute grave;

Ce n’est pas MA démission qu’il faudra attendre pour le bon fonctionnement de l’administration,

Ce sera VOTRE démission, monsieur le Maire, qui sera salutaire à Châtellerault.

C’est dit.

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Réaction à la grève de la faim de Monsieur Girault

Publié le par Dominique Lévêque

J’apprends avec stupeur que Monsieur Francis Girault, maire de Jaunay Clan, a entamé une grève de la faim pour protester contre la décision du préfet de fermer la décharge de Saint Georges lès Baillargeaux.

 

J’apporte tout mon soutien à Monsieur Girault qui va payer de sa personne pour le respect de la collectivité et des habitants. J’espère qu’il sera vite entendu. Je trouve bizarre la coïncidence entre ce dossier et celui de CODEVAL dont Monsieur Girault est président. Ce dossier a ému quelques élus de toutes tendances politiques confondues. J’ose espérer qu’aucune société privée n’a été privilégiée par le préfet, ou par le député maire de Châtellerault. La position de Monsieur Girault dans la majorité départementale n’est sans doute pas en lien avec les difficultés qu’il éprouve dans ses dossiers.

 

Je suis en revanche plus critique sur les propos du préfet qui déclare qu’ « En démocratie, il existe d'autres moyens que la grève de la faim ». Je me souviens en effet que dans l’affaire des glands du maire délégué que je suis, affaire qui cachait le respect de la loi et des communes, il n’a pas répondu et a fait signer un courrier décalé par son secrétaire général.  Ma requête argumentée adressée à Monsieur Hortefeux, ministre de l’Intérieur et des collectivités territoriales , n’a été suivie que d’un courrier d’attente d’un chef de cabinet, en mars 2010. Alors, Monsieur le Préfet, quels moyens existe-t-il d’être considéré dans votre démocratie personnelle ? Une prochaine délibération du conseil municipal de Châtellerault me permettra d’en débattre publiquement avec le député maire.

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Une grève de la faim au pied de la décharge

Publié le par Nouvelle République

Le président de Val Vert du Clain, Francis Girault, a entamé une grève de la faim pour que le préfet prolonge le remplissage de la décharge des Millas.

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Francis Girault a entamé hier une grève de la faim sur le site de la décharge des Millas. - (Photo Patrick Lavaud)  - Photo NR

 

Un lit de camp dans un coin de la pièce. Des bouteilles d'eau à son chevet. Et les élus de la communauté de communes de Val Vert du Clain réunis en comité de soutien autour de leur président. Francis Girault a entamé officiellement une grève de la faim, hier à 17 h, dans un local du centre d'enfouissement technique des déchets des Millas, à Saint-Georges-les-Baillargeaux.. L'élu proteste contre le refus du préfet de proroger la durée de vie de la décharge pour 18 mois supplémentaires.
De sa fenêtre, il peut voir l'alvéole destinée à recevoir les déchets, dans laquelle il reste 20.000 m3 à remplir, mais qu'une décision préfectorale demande de fermer depuis le 30 juin. « Depuis deux jours c'est une zone de non droit, mais je refuse d'arrêter la collecte des déchets de 15.000 habitants », explique-t-il.
Depuis 2003, on savait que le centre d'enfouissement devrait stopper son activité le 1 er janvier 2010. En 2008, la collectivité avait entrepris des démarches pour prolonger l'activité jusqu'en 2011, « le temps de remplir la dernière alvéole ». « L'État n'a jamais répondu, on aurait dû comprendre que ce silence valait refus », ajoute Francis Girault.
« Nul n'est censé ignorer la loi, M. Girault, qui est aussi conseiller d'État, est bien placé pour le savoir », répond le préfet, Bernard Tomasini. « Le dossier de prolongation déposé par la communauté de communes n'a jamais été complet. Le tribunal administratif l'a reconnu, qui lui a imputé l'entière responsabilité de la tournure qu'a pris le dossier. Je ne fais qu'appliquer la loi. »
La grève de la faim va-t-elle permettre de renouer le dialogue ? « J'attends un signe de la préfecture », espère Francis Girault. « En démocratie, il existe d'autres moyens que la grève de la faim », commente le préfet.

Philippe Bonnet 

Publié dans La revue

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