Du Rififi dans la Belle Endormie

Publié le par Dominique Lévêque

Jean-François Macaire
Jean-François Macaire

Dans cette histoire des impayés de la Région Poitou-Charentes, il y a d'abord le fond de l'affaire, c'est à dire 132 millions d'euros d'impayés, et il y a ensuite la forme, c'est à dire la tournure médiatique des événements.

Sur le fond, tous l'ont déjà fait observer, c'est un mauvais coup pour Poitou-Charentes dans la fusion avec l'Aquitaine et le Limousin. Le Président de la nouvelle grande collectivité, Alain Rousset, n'avait pas d'autre choix que de rétablir un équilibre sain de gestion, et c'est tout à son honneur de s'y atteler avant que les dommages ne soient irréparables.

Sur la forme, il y a des ratées dans le moteur au moment où le climat post-élections invite plutôt à une plus grande exemplarité. L'analyse à chaud, certes un peu sévère, d'Elisabeth Morin Chartier, députée Européenne et ex Présidente de Région, rappelle le sens des choses. Car si diriger une collectivité permet de se féliciter largement des actions menées lors des inaugurations brillantes et arrosées, ou en campagne électorale, diriger une collectivité oblige aussi à répondre des actes que l'on a signés.

On imagine bien que Jean-François Macaire n'y est sans doute pas pour grand chose. Il a bien compris qu'il n'était pas concevable d'être en charge des finances de la nouvelle grande région quand on laisse une plus petite région en difficulté. Mais ses déclarations sont trop hésitantes pour ne pas être suspicieuses. D'abord, il déclare vouloir travailler sur le problème, puis il comprend qu'il faut lâcher sa délégation aux finances, mais en cherchant à garder une Vice-Présidence. Plus tard, il lâche les indemnités de Vice-Président, "le temps de réfléchir". Certains saluent un peu vite son courage, d'autres réclament un peu rapidement sa démission.

Pour bien comprendre la situation, l'homme dont ce mandat est devenu l'activité professionnelle, perçoit principalement ici des indemnités de conseiller régional, et les responsabilités supplémentaires (Vice-Président avec délégation du Président) lui donnent accès à des "suppléments d'indemnité". Il n'abandonne donc pour l'instant que son "supplément d'indemnité".

C'est sans doute au Président Alain Rousset que doit s'imposer une décision claire: soit Jean-François Macaire n'est pas responsable -il faudra alors définir des responsabilités- et il reste Vice-Président indemnisé, soit il doit assumer et il perd définitivement sa délégation et sa Vice-Présidence. Son seul choix personnel serait de démissionner de son mandat de conseiller régional. Qu'il a gagné légitimement. Dans l'immédiat, il n'est ni voyou, ni héros.

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