A nos actes manqués, scène 2

Publié le par Dominique Lévêque

Municipales 2014 à Châtellerault: la stratégie de la campagne accentue l'écart. La polémique infructueuse sur la dette de la ville est une erreur qui coute cher à l'opposition.

Dans cette histoire, il y a d'abord l'erreur de la méthode. Comme si c'était héréditaire chez les socialistes locaux, on se laisse éblouir par le ronflement des titres. Hier, le maire battu en 2008 investissait avec une confiance débordante dans un ex-collaborateur du député François Hollande. Les trois montreront d'ailleurs plus tard la limite de leurs œuvres. Aujourd'hui, le fidèle ami devenu leader se laisse inspirer par une fonction de conseiller national en comptabilité publique. Et c'est bizarrement la tête de liste qui monte au créneau aveuglement.

Il y a aussi l'erreur sur le fond d'une dette qui serait insupportable pour la ville. "Si le maire réussit à mener autant de projets, c'est parce qu'il dépense trop et endette ses habitants.". Mauvaise pioche! L'équipe aux manettes ne peine pas à se défendre. La démonstration accable les accusateurs à travers leurs responsabilités précédentes, puis elle valorise les sortants. Piégé, le leader d'opposition choisit l'obstination pour ne pas perdre la face... "next!".

Le thème de l'aménagement de l'ancienne Ecole de Gendarmerie enfonce le clou: il faut bien l'acquérir avant de l'aménager, et donc risquer un endettement accru. Les propositions qui fusent ressemblent plus à un concours de remplissage de cases vides qu'à une véritable aspiration populaire.

Bref, un projet concret alternatif au bilan des sortants fait cruellement défaut. La vision abstraite et incertaine de ce à quoi aurait ressemblé Châtellerault avec une Gauche qui veut reprendre la mairie s'oppose à un bilan.

L'équipe sortante, même pas attaquée sur ses points faibles, ne s'y trompe pas pour exhiber une longue liste de réalisations: Achèvement d'une nouvelle zone industrielle, conservatoire de musique et de danse, plaine d'Ozon, équipements des bus, aménagement de la Manu, spectacles pyrotechniques, nouveau cinéma, office de tourisme, cabinets médicaux, le Théâtre Blossac... Et pour montrer les prolongements vers une nouvelle mandature, à commencer par la Patinoire. Autant de pavés et de pierres qui font mouche sur des intentions. L'écart se creuse.

A nos actes manqués, scène 2

Commenter cet article