Reprenons

Publié le par Dominique Lévêque

Européennes bien sûr, mais municipales aussi ont donné l'occasion aux élus de gauche, même locaux, d'essuyer un revers de démocratie. Ce qui est inédit, c'est que les élus dits "de terrain" sont atteints dans leur représentation, quand ce n'est pas dans leur mandat.

Ce qui aurait pu être ressenti comme le jeu d'une grande injustice et des maux profonds de l'expression populaire est plutôt le signe d'une démocratie aux fonctionnements originels vivaces. Sur deux plans. D'abord un plan moral parce que personne ne peut engager l'avenir de son pays avec de mauvaises entreprises, en toute impunité. Ensuite sur le plan symbolique, parce que "faire campagne" pour un candidat au niveau national, c'est comme dire: "je demande à ceux qui font confiance à mes compétences et à mon action, qui me connaissent, de voter pour ... François Hollande par exemple." ou: "faites moi confiance, ce candidat est le meilleur", ou: "je réponds de ce candidat comme de moi même".

Plutôt rassurant donc! Pas la peine de bidouiller avec des gadgets, comme la démocratie participative, le quinquennat ou des primaires bidon, pour que LA Démocratie fonctionne. Lentement, mais avec puissance. Dans la désillusion collective post-partum, les frondeurs refusent de payer de ce qui leur reste comme mandat pour leur complicité à persister dans le mensonge. Les signataires de la liste des 200 refusent, eux, de lâcher le mandat en cours. Combien reste-t-il de millimètres pour que les écologistes, les radicaux et les socialistes d'ici ou d'ailleurs soient au bout du grand écart? Reprenons... 

On déplore un tout petit rien, un incident, une bétise

Publié le par Dominique Lévêque

Petit air convenu de surprise générale, un remake un peu trash des municipales. "oh j'ai mal", "hou j'ai peur"...

Pourtant, on aurait pu avoir peur depuis bien longtemps, devant tant de comportements, tant d'indices, tant de manipulations, tant d'informations et de désinformations, de vérités suggérées ou de mensonges digérés.

"Allez, cette fois-ci, c'est juré, on va se remettre en question"

Ce qui fait vraiment peur c'est la capacité des uns et des autres a se remettre suffisamment en question pour inverser la tendance... Faudra-t-il de la véritable souffrance pour que le courage l'audace et l'intégrité reviennent a la mode?

Si demain lundi on assiste à une grosse vague de démissions, à un véritable renouvellement des hommes (et autant de femmes) et des pratiques, à un véritable renouvellement du système et des certitudes, on pourra espérer. Sinon, on fredonnera sur un air de Ray Ventura "Tout va très bien, Madame la Marquise... On déplore un tout petit rien, un incident, une bétise..."

Descendre Quatre à Quatre

Publié le par Dominique Lévêque

C'est vrai qu'au sujet des élections municipales, "il ne faut pas en rester à un commentaire de surface, sinon on n'a rien compris à gauche". Si c'est humblement humain de chercher ailleurs qu'en soi la responsabilité d'une défaite, "la faute à" François Hollande n'est pas politiquement correcte, mais sacrément pratique, même si on a tout fait pour l'installer.

C'est vrai qu'il y a eu un mouvement national, perceptible dans les municipalités sortantes de gauche où la tendance s'est inversée.

Mais à Châtellerault, l'écart est énorme dans une ville qui était annoncée comme "pouvant basculer".  Contexte national, certes, mais pas que!

Ceux qui en appellent à ce que le Président de la République tire les conséquences de cet échec pourraient, après une période d'introspection, retourner à leur verticalité. Ils pourraient alors faire leur la pensée du monarque au Petit prince, pour se souvenir "que le plus dur est de se juger soi-même".

Il viendra donc un temps où les uns et les autres distilleront de belles analyses alambiquées. Pour le moment, il y a d'abord le temps de la digestion, il y a un temps de deuil pour les perdants. Ensuite, on parlera ici des huit points d'écart avec les quatre erreurs que Michel Guérin a faites et avec les quatre erreurs que Jean-Pierre Abelin n'a pas faites. 

 

 

Pour faire les carreaux, je suis plus fort que toi

Publié le par Dominique Lévêque, Maire Délégué de Targé

Il ne pouvait pas être question de vous accueillir si nombreux ce matin pour cette cérémonie des vœux, la dernière du mandat, sans une traditionnelle citation.

Alors j'ai puisé cette citation chez Thalès, pas la célèbre grande entreprise aéronautique châtelleraudaise, mais le philosophe grec.

j'ai donc puisé chez Thalès cette pensée:

 

"Le temps met tout en lumière"

Heureux hasard, convergence d'idée, ou bon présage, le cadeau de la ville cette année, c'était une lampe de poche.

"Le temps met tout en lumière". Oui, le temps passe et les passages s'enchainent. L'automne a fait place à l'hiver, 2013 vient de laisser la place à 2014, et nous allons mettre en lumière une nouvelle mandature. L'équipe 2008-2014 va bientôt céder la place à l'équipe 2014-2020. Sauf qu'il s'agira probablement d'une mise en lumière sous les feux de la rampe qui risque d'éblouir, de flasher. C'est un éclairage qui focalise, qui dirige le regard. Le temps rendra cette lumière plus douce, plus exacte, plus nette. Le temps nous permettra de faire la mise au point, de distinguer les zones d'ombre, les trous noirs, pour comprendre le relief. Il faudra le temps de la nuit au jour, de la pluie au soleil, de l'hiver à l'été, du début à la fin pour percevoir nos actes, pour dévoiler notre connaissance, notre expérience, notre maturité.

Pendant les six ans qui viennent de s'écouler, chacun a modelé son engagement comme il a cru bon de le faire, se déplaçant parfois d'un pas sur le côté pour changer l'angle de vue, œuvrant souvent dans la pénombre des influences inavouées. Le temps met tout en lumière, le temps permettra de comprendre ce que nous avons entrepris pendant que d'autres entreprendront.

Ne tournons pas autour du pot plus longtemps pour voir ce qui est déjà clair: vous le savez, la probabilité pour que mon mandat de maire délégué de Targé soit prolongé est absolument inexistante. En d'autres termes, çà ne sent plus les glands de chêne, çà sent plutôt le sapin. C'est donc une fin. Sans aucun regret, sans nostalgie. C'est juste là le sens naturel des évènements. J'avais d'ailleurs communiqué dès 2012, à la lueur du résultat des élections législatives, que je laisserai les forces en présence préparer les échéances à venir. Fidèle à mes objectifs quand je les crois justes, je n'interviendrai donc sous aucune forme que ce soit dans la campagne électorale qui approche, et ne prétendrai naturellement à aucune fonction.

Alors, bien sur j'y ai pensé avant, et je me suis demandé comment la jouer? J'ai beaucoup hésité. Il y avait la façon Daniel Guichard "Faut pas pleurer comme ça, Demain ou dans un mois, Tu n'y penseras plus, Faut pas pleurer comme ça trala lala lala.."

Et puis il y avait la façon Marguerite Yourcenar "Il ne faut pas pleurer pour ce qui n'est plus, mais être heureux pour ce qui a été".

Et j'ai choisi. Parce que, plus qu'une cérémonie de vœux, ce matin, c'est la fête de Targé. C'est la fête de tout ce qu'on y a fait et la fête de tout ce qu'on y espère. Oui, c'est bien dans l'esprit " Il ne faut pas pleurer pour ce qui n'est plus, mais être heureux pour ce qui a été" que je vous exprime à tous ici ma très grande reconnaissance. Je vous exprime ma reconnaissance pour tout ce qui a été accompli, tout ce qui a été vécu, tout ce qui a été partagé. Je remercie chacun d'entre vous, d'avoir continué à être ce que vous étiez, d'avoir continué votre action d'entrepreneur, de bénévole, de citoyen, de voisin, d'ami pour que notre village, Targé, vive, et pour que  chacun d'entre nous s'y épanouisse. Comme le symbole de cette retraite aux flambeaux qui nous réunit chaque 13 juillet, chacun porte sa lumière à l'esprit du village.

Je commencerai donc par dire à quel point le flambeau de Stéphanie et Pacha a brillé dans mon mandat. Leur commerce dynamique, leur disponibilité, leur gentillesse ont réussi à réanimer le centre bourg. La lumière de leur enseigne luit comme une étoile, un point névralgique du village. Chez Pacha, c'est la mairie annexe de la mairie annexe. Mille mercis à Stéphanie et Pacha.

Comment ne pas voir un flambeau qui brûle avec acharnement, celui de Sylvie, notre coiffeuse, qui malgré quelques difficultés personnelles s'accroche à son activité par souci de convivialité plus que par réelle rentabilité. Merci.

Et puis il y a ce cortège de flambeaux de tous les bénévoles de l’Association d’Animation de Targé, un cortège qui relie par son fil ténu tous les targéens à leurs racines, à leurs traditions, à leur communauté, avec la célébrissime fête à l’ail, mais aussi le fameux lait de mai, l’art floral, le yoga, les ballades du dimanche...Merci d'avoir encore progressé pendant ces 6 ans,

Il y a le flambeau de l’association de parents d’élèves qui éclaire notre avenir, avec la fête de l’école, avec la fête d'Halloween ou avec toutes les opérations de soutien aux projets des enfants du village. Merci à eux de se raviver chaque année,

"Et c'est ce que je dis à ma femme, pour faire les carreaux, je suis plus fort que toi" Sous la forme d'un clin d'œil à la Troupe de Théâtre d'Availles que j'accompagne et qui me le rend bien, je remercie la Pétanque Targéenne de continuer à briller sur la butte ("pour faire les carreaux ils sont plus fort que moi..."). Le flambeau de La Pétanque Targéenne est vivant et chaleureux. Toujours en quête de meilleurs résultats, le club a accueilli durant ce mandat de nombreuses compétitions dans un nouveau local adapté et sur un terrain agrandi pour la circonstance, le nouveau Boulodrome Jean-Pierre Deveau.

La lumière des cyclos BV2R n'est pas sur le vélo, elle est dans leur cœur. Et ce n'est pas en diagonale qu'il ont tenu le flambeau. Qu'il pleuve, qu'il vente qu'il neige, c'est le nez dans le guidon qu'il leur faut monter la côte pour repasser leur brevet chaque année et pour porter encore les couleurs de Targé, merci

Leur objectif est de les éclairer au plus juste, les couleurs. Depuis 20 ans, Chatellerault Objectif Photo illumine Targé encore et encore de ses images, de son expo. Le club est le photographe officiel à titre gratuit de toutes les animations du village, il est toujours prêt à shooter sous les projecteurs, Merci à eux,

Qui ici n'a pas vu le flambeau tamisé de l'atelier de peintures? Ces bientôt 30 ans de nuances sur autant d'œuvres marquent notre lieu de vie, notre quotidien, notre patrimoine. C'est la lumière qui éveille tous nos sens sans nous lasser, c'est le Targé de l'intérieur de l'être,

A chacun de nos évènements, Notre Conseiller Général Michaud, cher Christian, nous a toujours tenu la chandelle, même en dehors des périodes où la politique exige qu'on se montre, dans les périodes les plus fastes comme dans les plus délicates, je tenais à lui dire devant vous ce matin,

Je voulais aussi redire que nos flambeaux se reflètent dans les cuivres des Ateliers Harmonie La Châtelleraudaise, dont l'action auprès des targéens et de l'école de Targé ouvre la voie de la musique. Même si les ateliers La Châtelleraudaise ne sont pas strictement de Targé, ils y œuvrent grandement et y tiennent une place légitime.

La communauté des sœurs de Saint Charles tenait à rester sur Saint-Sauveur-Senillé-Targé. Les sœurs ont choisi d'habiter notre confiance, d'y tenir une lampe allumée afin que l'on puisse trouver dans notre vie leur présence. merci à elles,

D'ailleurs, les plus anciens targéens le savent bien, notre territoire historique et naturel de convivialité se fait entre Saint-Sauveur, Senillé et Targé.  Merci à Gérard Pérochon et Jean Charrier pour leur fidélité.

Je n'oublie pas le travail de tous ceux qui labourent l'ordinaire: l'école, ses enseignants, son personnel, mais aussi les services de la ville et de l'agglomération qui interviennent sur Targé depuis 40 ans, et enfin j'ai une reconnaissance particulière pour Marie Marsac et Nathalie Carpentier Staub qui avec leur éternelle bonne humeur et leur dévouement sans faille vous accueillent à la mairie annexe.

Je ne viens pas d'énumérer chacun des acteurs du village pour retarder l'heure de l'apéro, je viens de vous dire que tous ces flambeaux ensembles ont un sens, une direction commune. Et qu'ils sont restés allumés parce qu'ils sont l'âme du village, parce que le temps met tout en lumière. Ici, le "vivre ensemble" n'est pas le nom d'un service ou d'une commission, c'est le combat de proximité que j'ai voulu défendre pour vous, comme l'avait fait Michel Bidron pendant 18 ans. Le temps a mis en lumière sa résistance, sa ténacité et son dévouement, comme à l'ancien Nouveau Théâtre Blossac d'ailleurs.

Le temps met tout en lumière, il mettra en lumière, Monsieur le Maire de Châtellerault,  l’extension de la Maison d’Accueil Spécialisé, qui vit ici avec nous, le bon fonctionnement de l'école qui rythme le village et nourrit son avenir, le lotissement rue de l'Éguiseau, un trottoir prolongé dans la côte, la protection du patrimoine autour de l'église, et surtout l'heureux transfert du cabinet médical sur une zone pseudo-targéenne. Simili targéenne. Le cabinet médical René Laennec, du nom de l'inventeur du stéthoscope et de l'auscultation au début du 19ème siècle, est accueilli ici favorablement. Sauf a prendre le risque d'y venir  avec sa caravane.

Le temps met tout en lumière, il n'éclaire ici que ma famille. Mes familles, venues célébrer Targé. Celle de la butte, celle d'ici, et celle de là-bas. Et puis aussi celle de 2001, et celle de 2008. C'est devenu insoutenable de choisir, c'est bien à chacun que je souhaite une bonne année 2014. Que ceux qui ne gagneront pas s'épanouissent  là où ils seront.

Je souhaite à mon successeur un allumage des flambeaux pour sentir l'âme de notre butte, je lui souhaite beaucoup de réussite, pour et avec, Targé notre village. Loin du pouvoir des communes, à la faveur d'une identité. Je souhaite aussi accessoirement un  poste de cantonnier.

Je vous souhaite à tous beaucoup de bonnes choses en 2014, et tout au long de ce nouveau mandat qui va commencer. Je vous souhaite que toute cette humanité qui transpire se prolonge, s'étende, se répande. Que 2014 vous permette à tous de vous épanouir là où vous serez et que nous puissions vivre encore beaucoup de nombreux bons moments ensemble.

Bon Targé, Bonne année.

 

Le verbe s'est fait cher

Publié le par Dominique Lévêque

Le verbe s'est fait cher

Après ton dessin, regarde là-bas si j'y suis.

On trouvera bien dans l'agitation microcosmique politique locale quelques observations sur la nécessité d'introduire dans l'urbanisme de la poésie dont cette ville aurait bien besoin. Et de regretter que le voir disparaisse devant le regarder.

Les mots ont cette particularité qu'ils ne sont que des mots. Car ils peuvent vouloir dire aussi que le sourd se moque de l'aveugle.Entendez vous dans nos campagnes, mugir ces féroces soldats...

Y a-t-il eu plus de poésie dans la réalisation du boulevard Blossac, la déconstruction d'Ozon et la construction de l'étage des halles qu'il n'y en a eu dans le nouveau conservatoire, le Loft Cinéma ou le Théâtre Blossac?

Trahison du verbe: l'engagement partisan!

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